La fin des haricots
Dimanche dernier, nous n’étions que quelques millions d’épais rivés devant le petit écran à se partager Le Banquier, animé par Céline Dion, son hystérie et sa robe à 300 000 piasses, et Tout le monde en parle avec entre autres Christian Mistral parmi les invités, lequel était accompagné de sa pauvreté d’écrivain et de sa demie-dent de pauvre. En chiffres précis, nous n’étions pas 1 ou 2 millions (pour les plus optimistes d’entre vous), ni même 3 millions (pour ceux qui se croient «réalistes»), mais statistiquement parlant, avec études sérieuses à l’appui, nous étions bien 4 millions de tarlas à s’abrutir grassement devant la sainte tévé.
Ainsi donc, 2 889 000 matantes ont perdu leur soirée de dimanche devant Le Banquier, spécialement animé en ce début de saison, comme il était mentionné plus haut, par la très richissime Céline Dion, bien connue de la scène culturelle internationale pour son talent incroyable à bien chanter de bonnes chansons. L’émission a donné lieu à une situation fort cocasse semble-t-il, car nous pouvions voir jouer au jeu du Banquier l’animatrice en règle de l’émission, soit nulle autre que Julie Snyder en personne, ou si vous préférez, la pioche à Péladeau. (Tout le cocasse de la chose réside dans le fait que la Snyder est absolument pleine aux as, et que le challenge du Banquier repose sur des sommes dérisoires de quelques centaines de dollars, tout au plus quelques milliers. Bref, pas même le total d’un bill d’un seul dîner au restaurant de la connasse de l’empire Péladeau, et encore moins celui d’une vulgaire et insignifiante paire de bobette de sa majestée Céline Dion.) Ceci étant dit, les 1 338 000 autres téléspectateurs de ce dimanche, les plus intellessetuels de la gang (que de sarcasme), ont quant à eux gaspillé 2 heures de leur vie à regarder Guy A. Lepage se trouver hot, et son osti de fif du roi se trouver drôle, pendant que tout ce beau monde se trouvait smath et que personne ne parlait de ce dont tout le monde parle effectivement, ou enfin de ce qui pourrait être pas pire intéressant à discuter. Ostie d’émission plate.
Mais revenons à nos totons, avant d’en revenir une fois pour toute. Quatre beaux gros millions de personnes donc, évachées dans le salon un très beau et doux dimanche de septembre, ça mes amis, non seulement ça fait beaucoup de monde, beaucoup beaucoup de monde, mais ça promet pour les soirées frettes et enneigées du mois de janvier. Ce sera quoi quand il fera noir avant le souper, que nos chars ne partiront plus et que la chaussée sera glissante? Cinq, six, sept millions de losers qui regarderont Guy Ass pis Julie Snycon nous crosser vigoureusement et avec le sourire en pleine tv? Rappelons ici que nous sommes au total 7,6 millions d’habitants au Québec. Gageons qu’on pourra prochainement entendre Sophie Thibeault, dans la «bonne nouvelle TVA» d’un lundi suivant un glorieux dimanche, annoncer à ses millions de téléspectateurs contents d’être heureux : «Hier, 100% de la population québécoise écoutait la tévélision : l’auditoire s’est divisé entre Occupation Double, Le Banquier, Tout le monde en parle, Loft Story et Les Franc-Tireurs. C’est confirmé, c’est officiel, au Québec, on aime ça la tv, même qu’on est les champions pis les champieuses de l’écoutage en direct des émissions diffusées dans l’écran! Yessir, c’est prouvé par les statistiques de la science!».
Après ça, on s’étonnera du fait qu’au Québec, moins d’une vingtaine d’écrivains arrivent à peine à vivre de leur plume, tandis qu’une tétra-chiée d’humoristes, lesquels sont pour notre plus grand malheur omniprésents dans la tévé et même dans tout ce qui a un lien direct ou indirect avec le culturel (pensons aux absolument pas drôles Patrick Huard, Normand Brathwaite, Patrick Groulx, Laurent Paquin, etc.), ont un revenu annuel moyen, selon un document publié par le ministère de la Culture du Québec en 2004, de 91 791$ (multipliez par douze pour Patrick Huard et Normand Brathwaite), soit le salaire annuel moyen de tous les écrivains québécois réunis ensemble. Un bon livre le dimanche soir, visiblement, ça n’intéresse personne.
Fait que c’est ça, quatre millions de québécois écoutaient la tévé dimanche dernier, juste après le souper pis la vaisselle. Certains étaient probablement en bobettes dans le divan, d’autres mangeaient certainement des patates chips à même le sac, et il est fort probable qu’un certain nombre d’entre eux mariaient joyeusement ces deux activités ensemble.
Bref, c’est peut-être pas la fin des haricots… mais presque.
Faites un X ici
Et c’est là que s’arrête votre liberté.
Nous le savons depuis que le doc Mailloux a été congédié de TQS en octobre 2005 (en raison de ses propos racistes au sujet du QI des Noirs), les libertés humaines sont stickées à l’intérieur de formidables limites, lesquelles sont déterminées par toutes sortes de choses savantes que les affaires de la justice et des avocats pis toute leur science juridique, leurs “maître chose”, leurs robes de monde important, leur Bible sur laquelle il faut “jurer qu’on va dire la vérité” et leurs chartes “de ce qu’on peut faire” fixent, et qu’on n’a pas vraiment le “droit” de remettre en question, juste parce que c’est de même pis c’est toute. À l’intérieur de ces limites, nous sommes libres comme l’air, mais attention, c’est une autre paire de manches si on ose en sortir.
Le cas d’Armin Meiwes en est une fantastique illustration.
Topo rapide de l’effroyable histoire dont on parle beaucoup ces derniers temps, suite à la récente parution du documentaire de Günter Stampf, “Entretien avec un cannibale” (“Interview mit einem kannibalen”, dans la parution originale) : en mars 2001, Armin Meiwes avait reçu chez lui, à Rotenbourg, Bernd Brandes, qui s’était porté volontaire sur internet pour être tué et mangé. Meiwes avait d’abord tranché le pénis de Brandes (à sa demande) et les deux homosexuels avaient tenté de le manger frit. Meiwes avait fini par tuer sa victime agonisante d’un coup de couteau, pour ensuite le découper devant une caméra (le film est d’une durée de 9 heures, oui, vous avez bien lu, 9 heures est la durée du film) avant de le consommer partiellement. Dans le livre-documentaire de Stampf, Meiwes décrit notamment comment il a mangé une partie du corps de sa victime, accompagné de pommes de terre et de chou rouge. On peut aussi y lire que le cannibale est d’avis que la chair humaine “goûte drôle” comme qu’on dit, mais on n’est pas certain s’il a trouvé ça bon, juste pas pire, ou pas mangeable en fin de compte.
En mai 2006, Armin Meives, communément appelé depuis l’événement en question “le cannibale de Rotenbourg” (à ne pas confondre avec le tueur de “La nuit des morts-vivants” ni celui du “Massacre à la tronçonneuse”) a été finalement condamné à la prison à perpétuité. Quand bien même que sa victime voulait (elle avait répondu à une annonce très honnête, elle était donc totalement consentante, en bonne et due forme et tout, rappelons-le), le monde, il faut qu’ils vivent jusqu’à la mort naturelle du corps humain normal. Quand bien même le désespoir, quand bien même le mal de vivre. On meurt quand les traitements ne marchent plus, ou quand les médicaments font plus effet, ou quand le coeur s’arrête de marcher, c’est de même pis c’est tout, pis c’est de même que c’est. Faites vous Hara-kiri rien que pour voir, pis manquez votre shot rien que pour le fun : un aller simple vers la prison des “pas bien psychologiquement” vous attend pour le reste de vos jours, avec le Jell-O, la bouffe sans sel, les camisoles, les “heures de visites”, les fenêtres engrillagées, pis toute le reste.
Quoi qu’il en soit, la question à cent piasses dans l’histoire du cannibale mangeur d’hommes à même le corps du mec et le zouizzi frit dans l’huile à patate: si la “victime consentante” n’avait pas perdu la vie dans cette histoire, l’aurait-on, elle aussi, condamnée à la prison à perpétuité? Après tout, faut être freak en crisse pour vouloir manger son propre zouiz, après l’avoir joyeusement fait frire dans une poêle. Un type de ce genre est certainement aussi dangereux pour le reste de la population qu’il l’est pour lui-même, il faut donc l’enfermer comme on enferme un tas dans gens dans les institutions psychiatriques (un peu comme à Robert-Giffard, célèbre hôpital psychiatrique de la Capitale-Nationale, autrefois appelé (et y’a pas très longtemps disons-le) l’Asile des aliénés de Québec), rien de plus sûr.
Le film “Le cannibale mangeur d’hommes”, inspiré d’une histoire vraie, s’en vient, mais en attendant, je vous offre une photo du cannibale lui-même en personne, avec une cravate rayée, une expression douteuse et un regard terrifiant. Notez bien que l’auteur du documentaire mentionné plus haut dit du fameux mangeur d’hommes qui apparaît ci-bas, après l’avoir pas mal cotoyé pour l’écriture du documentaire, “que c’est terrible parce qu’il est très gentil”.

PS. Laissez vos commentaires quels qu’ils soient, même (et surtout) si vous êtes outrés par le sans-coeurisme de ce blogpost.
Belles et connes
Chaque année, la populaire station radiophonique de Québec CHOI 98,1 RADIO X lance une sorte de concours poche auquel les filles cutes qui aiment se montrer peuvent s’inscrire pour éventuellement être choisies et joindre la très sélecte clique du Dream Team, laquelle clique se retrouvera au final en bobettes et en brassières dans un calendrier spécial où le décompte des jours est bien la dernière chose qui intéressera quiconque achètera le calendrier en question. Malheureusement, cette année ne faisant pas exception, le fameux concours a lieu de nouveau; les auditions se déroulent actuellement dans différents bars branchés de la ville. Rien de plus facile que d’y participer, il suffit d’avoir un vagin dans son entre-jambes, des guenilles à la mode dans sa garde-robe, des mèches blondes, un p’tit cul tight, une belle sacoche, ou encore des pas pires boules, ou toutes combinaisons de ces différentes caractéristiques. Afin de prouver à la population masculine que beauté et intelligence peuvent possiblement aller de pair, et dans le but de faire naître l’illusion chez le monde qui se procurera le calendrier du Dream Team qu’ils se crosseront sur des chicks “sexy ET brillantes”, on fait passer un petit test aux participantes, lequel contient des questions de connaissances générales. (Bien que connaissances générales et intelligence n’aient à peu près rien à voir ensemble, on fait à semblant que oui, histoire de niaiser le monde qui s’imagine que parce que la chick sait que la ville de Québec a été fondée en 1608, elle est nécessairement très intelligente, genre vraiment là.) Chaque année donc, ce concours a lieu, et chaque année, un nombre incroyable de pioches déposent leur candidature et passent ce fameux questionnaire mesureur de qualités intellectuelles. Et bien sûr, toutes les performances sont enregistrées par la Radio X pour une rediffusion éventuelle. Sur les ondes de CHOI, la diffusion d’extraits des pires d’entre elles est devenu un rite annuel: les animateurs passent assurément en ondes les “meilleurs moments” des auditions du Dream Team, c’est-à-dire qu’ils passent les piètres performances des plus connasses, et devant le constat qu’il y a du monde épais en joualvaire, tout le monde se tappe sur les cuisses jusqu’à demain matin, se roule en dessous de la table pendant des heures et des heures, et c’est tellement drôle qu’on finit tous par pisser dans nos culottes tellement on est pu capable de se contenir. L’effet est un peu le même que celui produit par le vidéo de la miss Teen USA qui a fait le tour des médias récemment avec l’épouvantable réponse de la mam’zelle blonde à une question qui ressemblait à “pourquoi est-ce qu’un tas d’américains n’arrivent pas à identifier les États-Unis sur une carte du monde?”. Tous les médias en ont parlé comme s’il s’agissait d’un événement incroyable et absolument digne de mention : toutes les stations télé, toutes les stations radio, tous les journaux et même plus encore ont couvert ledit événement mettant en vedette la miss teen USA. “Mon dieu, elle est tellement conne, c’t'épouvantable!” À croire qu’on aime ça constater qu’il y a plus idiot que nous.
Ceci étant dit, je ne voudrais pas vous écoeurer avec mon rabat-joie-isme habituel, mais calvaire, y’a tu vraiment quelqu’un qui s’amuse encore de ces osties de performances d’épaisses qui veulent faire parti du Dream Team de CHOI Radio X, et y a-t-il encore des gens qui s ‘étonnent de ce qu’il y ait du monde dans notre belle société moderne qui soit non seulement “pas vite vite” mais profondément arriéré?
Je me demande ce que Karine Simard, finaliste du Dream Team, en pense… mais peu importe, c’est une belle pitoune pareille.

De la nécessité d’un mode d’emploi
On entend beaucoup parler, en particulier depuis quelques jours, d’aspirants gribouilleurs sinon en mal de se faire publier par d’autres, en mal de trouver le fric nécessaire pour s’en charger eux-mêmes, et pour cause. Car en terrain québécois, à moins de s’appeler Michel Tremblay, Christine Brouillette, Stéphane Bourguignon, Patrick Sénéchal ou encore, à moins d’avoir le mot “Vigneault” quelque part dans son nom de famille, ou mieux, une paire de boules en plastique qui dépasse de sa brassière (i.e. voir Nelly “intéressez-vous à mes idées” Arcan en couverture du Summum récemment), le milieu de l’édition, lequel est tout bien circulairement formé de quelques heureux élus ainsi que de leurs amis et beaux-frères, nous est très exactement fermé, nous qui, ayant tout aussi peu de talent que les autres, ne sommes pas de la clique pentoute.
Lorsqu’on est le moindrement conscient de ce fait, on réagit avec les moyens dont on dispose, ou si vous préférez, avec les moyens du bord, c’est-à-dire que A) on se lance dans l’écriture d’un blog qui sera gratisse pour tousse sur l’internet quoique ben moins le fun qu’une vraie de vraie publication papier, B) on quête la Visa des autres dans le but de financer la production de son propre projet (ou de celui de nos meilleurs z’amis), ou C) on reste chez soi, on écrit rien pentoute pis on se morfond dans un coin en lisant du Cioran.
Ça, c’était moi avant, ou hier pour être précise. Aujourd’hui, j’ai espoir en une future publication avec mon nom imprimé à côté du logo de Boréal ou de Flammarion sur une couverture de bouquin, car par un heureux hasard, les 92 exemplaires d’une parution fort intéressante ont croisé mon regard du haut de leur immense présentoir de grande librairie commerciale. Cette extraordinaire parution, que l’on pourrait qualifier de “livre-bénédiction”, a radicalement changé ma vie (et pour le meilleur!) en m’ouvrant la porte sur les secrets les mieux gardés du merveilleux monde de l’édition. Ce livre en question porte un titre glorieux et pour le moins révélateur : il s’agit de “Comment se faire éditer 2007″ (parce qu’il y a eu précédemment un “Comment se faire éditer 2005″).
Grâce à ce livre, je sais maintenant quels sont les sujets les plus hot de l’heure, quels sont les meilleurs mots à ploguer dans mes phrases pour pogner, quels endroits fréquenter pour avoir l’air intello-cool, oussé me tenir pour me faire chum avec les auteurs qui vendent et qui font la couverture du Voir, combien de pages je dois mettre dans mon histoire pour ne pas qu’elle soit trop longue et que mes lecteurs trouvent ça plate, comment signer une belle autographe au Salon du livre, si je dois donner ou non dans l’autofixion, j’apprends aussi comment je dois me vêtir, me coiffer et me maquiller pour rencontrer mon éditeur et lui plaire, bref, grâce à ce livre, j’apprends tout ce qu’il y a à apprendre pour devenir un auteur publié et même que j’en apprends plus encore! Avec “Comment se faire éditer 2007″, en 2007, même si je suis poche et illettrée presque, j’ai enfin des chances de me faire éditer genre!
Voici, pour les plus cassés d’entre vous qui n’ont pas les trente piasses à investir dans ce navet, qui rêvent de publier leur torchons mais qui sont perdus dans tout le protocolaire de la chose, quelques judicieux conseils qui nous sont généreusement donnés dans ledit ouvrage :
“Le premier conseil que je donnerais à un jeune auteur est : “Insistez !” Après avoir envoyé par La Poste – ou déposé directement dans la boîte aux lettres des éditions – votre manuscrit, faites en sorte d’obtenir un rendez-vous avec l’éditeur. C’est très important de venir voir la maison, de s’imprégner de son atmosphère et de connaître les gens qui y travaillent. Deuxième conseil : “N’envoyez pas votre manuscrit au petit bonheur la chance !” Renseignez-vous sur les livres publiés, les différentes collections existantes, etc. Troisième conseil : “Écoutez”. Ce n’est pas parce qu’on est éditeur qu’on a forcément tort. Il est inutile de harceler quelqu’un qui vous a dit non, cela ne sert à rien. C’est contre-productif ! Et enfin ce qui me semble le plus important à dire c’est : “Continuez”. Je suis persuadé qu’il y a des talents considérables qui ne sont pas publiés et je le regrette… Donc surtout ne laissez jamais tomber !”
-Guy Birenbaum, directeur des éditions Privé.
“Le premier conseil que j’aimerais donner aux jeunes auteurs est : arrêtez de confier vos misères à la plume. Les trois quarts des manuscrits que je reçois sont des psychothérapies, non des romans. Et franchement, vos petits problèmes personnels n’intéressent personne. Vous pouvez partir de vous, bien sûr, mais vous devez ensuite vous tourner vers les autres. Les lecteurs doivent se reconnaître dans votre histoire pour s’en émouvoir. Vous n’écrivez pas pour vous sinon vous ne chercheriez pas à vous faire éditer ! La démarche à suivre n’est pourtant pas très compliquée. Envoyez votre manuscrit complet (les synopsis, les projets d’écriture ne sont jamais acceptés) sur papier et tapé à l’ordinateur (les éditeurs refusent systématiquement de lire les manuscrits sur disquette ou écrits à la main). Accompagnez-le d’une petite lettre de présentation bien tournée (c’est très important pour l’éditeur : si elle est touchante, elle peut influencer la lecture). Renseignez-vous sur les différentes spécialités des éditeurs. Donnez-vous un peu de mal, ne l’envoyez pas à tout le monde, cela ne sert à rien ! La dernière chose importante à savoir : ne croyez surtout pas qu’en étant publié votre vie va changer. Tout d’abord parce qu’il est rare que l’on puisse vivre de ses écrits ; parce que votre premier livre peut passer complètement inaperçu ou parce que l’éditeur qui vous a lancé peut se rétracter par la suite et refuser de publier votre second livre. Soyez donc méfiants et surtout gardez toujours un peu de recul.”
-Anne Carrière, directrice des éditions Anne Carrière.
“Les cinq conseils que je donnerais à un auteur souhaitant se faire éditer sont :
1) N’écrire que s’il ne peut pas faire autrement, comme le conseillait R.M. Rilke à un jeune poète.
2) Ne publier que s’il ne peut pas faire autrement.
3) N’essayer de vivre de sa plume que s’il ne peut pas faire autrement.
4) Ne se soucier de l’opinion des autres que s’il ne peut pas faire autrement.
5) Et toujours aimer passionnément lire et écrire, quoiqu’il arrive.“
-Richard Ducousset, directeur général des éditions Albin Michel.
“Comment se faire éditer 2007″ est paru aux éditions Lire en mars 2007 et contient une foule de conseils éructés par une chiure de professionnels de l’édition. Il contient même, en plus des conseils d’éditeurs, des témoignages d’écrivains.
Gageons que le livre se vend très bien, et spécialement auprès des quelques milliers d’étudiants et finissants du baccalauréat en création littéraire des universités québécoises et françaises, et mettons notre main au feu qu’il rapporte beaucoup de cennes à son éditeur.

La science pour les nuls, par les nuls
Le très ambitieux physicien théoricien et cosmologiste britannique Stephen W. Hawking, incroyablement talentueux dans la vulgarisation scientifique, vient tout juste de publier un bouquin expliquant le cosmos dans son ensemble à une catégorie de personnes ne sachant à peine lire, d’où, en partie, la grande ambition du monsieur. Le livre en question, premier tome d’une trilogie scientifique écrite pour un public de très jeune âge, s’intitule “Georges et les secrets de l’univers”. Les enfants, ainsi que les adultes pas assez brillants pour comprendre la poésie d’Hawking qui leur est destinée, pourront découvrir, dans ce livre très simple et facile à comprendre, le fonctionnement du système solaire, des trous noirs, des astéroïdes et autres astres de l’univers tout entier. Nous supposons que le livre contient aussi quelques illustrations et graphiques, afin de soutenir les thèses très compliquées du grand scientifique reconnu mondialement.
“Il est plus facile de fourrer d’expliquer les choses aux enfants car ils apprennent ce qu’on leur enseigne, vu qu’ils ne savent rien ont l’esprit ouvert, et ils aiment apprendre”, a indiqué lors d’une conférence de presse le célèbre professeur de mathématiques et de physique théorique depuis son bureau de la prestigieuse université britannique de Cambridge. “Notre objectif a été de rendre la science aussi excitante que la science-fiction”, a-t-il également ajouté.
Le bouquin sort officiellement jeudi le 13 septembre prochain, et sera disponible dès lors dans de nombreux pays, 29 pour être préci$. Comme quoi nous savons d’avance que ce livre sera excellent et digne d’être lu par quasiment tous les enfants de la terre.
Gageons que les parents en mal de faire de leurs progénitures de petits génies au gros QI achèterons tous, après avoir fait le tour de la marchandise offerte chez Baby Einstein, cet excellent livre plein de révélations et de vérité pour les enfants de 4 ans plus.
Voici, pour vous donner un avant-goût de cette fameuse série-succès qui remplacera probablement les Harry Potter, une image scientifique d’un des fameux trous noirs dont il sera question dans le livre.

Au y’âble la dépense
C’est à se demander si la mairesse Boucher, celle qui, ne l’oublions pas, s’était fait construire un somptueux hôtel de ville de plusieurs millions de dollars il y a quelques années, n’a pas choisi son moment pour crever. Parce qu’en effet, semblerait qu’actuellement, la ville de Québec connaît une heureuse période financière, une période comme qu’ils disent dans le langage scientifique, de vaches grasses. Bref, une période idéale pour trépasser et s’organiser de grandioses funérailles. On se le demande, car c’est bien 45 000$ et des poussières qu’auront coûté à la ville les deux écrans géants qui ont été installés sur la Basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec pour les funérailles officielles de la mairesse, décédée subitement il y a un peu plus d’une semaine. Une pas pire somme de quarante-cinq mille dollars donc, simplement pour deux écrans géants (imaginons pour le reste) servant à diffuser le spectacle funéraire aux quelques centaines de personnes très catholiques n’ayant pu trouver place à l’intérieur même de la Basilique, déjà bien remplie de dignitaires et de monde très important pis toute pis toute. Soulignons que ces quelques centaines de personnes dont l’accès à l’intérieur de la Basilique s’est vu refusé, accordent tous une importance capitale à leur religion, et se présentent quotidiennement à la messe et aux autres activités religieuses du même ordre. Et puisqu’en l’occurrence, il s’agissait des obsèques d’une grande femme politique aimée et acclamée de tous de son vivant, il fallait, et ce n’était même pas un point discutable, permettre à tout ce beau monde bien pratiquant d’assister gratuitement, et ce, en direct sur le terrain, aux funérailles de celle qui mange désormais les pissenlits par la racine. Et comme nous manquions de temps pour construire une nouvelle basilique permettant à la population québécoise en entier d’avoir une place sur un banc d’église lors des funérailles de Madame Boucher, les écrans géants de 45 000 balles se sont révélés la solution idéale, d’abord parce que les écrans étaient faciles à acquérir dans les délais, et ensuite parce que cette avenue se présentait comme fort peu coûteuse, si l’on considère que la construction d’une nouvelle cathédrale aurait généré des dépenses de quelques millions de dollars et peut-être même plus encore. Notez bien que la diffusion en direct des funérailles nous était offerte gracieusement par toutes les bonnes chaînes de tv, dont entre autres, celle de Radio-Canada, le radio diffuseur public national du Canada. Mais comme beaucoup de gens au Québec ne possèdent pas leur propre téléviseur, la diffusion des funérailles sur ces fameux écrans géants était plus que nécessaire, c’était une question de respect envers Madame Boucher, envers les citoyens de la ville de Québec, ainsi qu’envers les proches de la défunte.
Pour le moment, nous ne savons pas encore combien auront coûté les multiples entertainers présents sur place pour l’agrément de la foule endeuillée, et j’ai nommé les acrobates, les funambules contorsionnistes, Céline Dion, Elton John et U2, les sculptures sur glace, le spectacle aérien, les poneys, les tigres, les éléphants, les nains de cirque, Bonhomme Canaval lui-même en personne, les cheerleaders des Alouettes, l’arbre est dans ses feuilles Marilon Marilaine, ainsi que l’orangeade et les hot-dog steamés gratisses pour tous.
Ceci dit, si vous n’avez pu prendre part à cette cérémonie somme toute extraordinaire (ce n’est quand même pas tous les jours que la mairesse nous pète au frette et que l’on peut célébrer), un dernier hommage sera rendu ce soir lors d’une épluchette de blé d’inde spéciale à laquelle prendront part, pour un spectacle bénéfice, les Têtes à claques. Tous les profits serviront à financer la crypte mi-or mi-marbre dans laquelle reposera Madame Boucher, car après une telle cérémonie funéraire, soyons francs, les fonds publics sont pour le moins à sec.
