Petit manifeste pour un Noël fun fun fun

Afin de bien réussir son party de Noël, que ce soit en tant qu’hôte ou en tant qu’invité, il est nécessaire d’observer quelques règles de base bien simples. D’une part, en tant qu’hôte, il est conseillé d’acheter ses cochonneries à l’avance, de prévoir le manger qu’on va servir et idéalement de le cuisiner soi-même parce que des pâtés achetés, c’est pas tellement vargeux, de mettre la table dans les règles de l’art, de faire le ménage de la maison pour ne pas montrer à nos proches que nous aimons vivre dans le bordel et la crasse; il faut faire bonne impression et éviter à tout prix les situations malaisantes. Après tout, nous ne nous réunissons pas vraiment pour parler des «vraies affaires». D’autre part, en tant qu’invité, il est généralement impoli d’être le premier à se servir dans les hors d’oeuvres, il est plutôt recommandé de consommer l’alcool modérément, de ne pas montrer votre craque de boules car cela pourrait gêner votre cousin Louis, de ne pas roter à table, ni cracher par terre ou faire des jokes de nègres, de ne pas choisir ce moment pour annoncer qu’on a fourré sans capote avec le meilleur ami du chum, etc. Bref, à Noël, et ceci vaut pour toute la chiure d’événements qui parsèment le calendrier, les règles de bienséance ne manquent pas de nous bullshitter d’obligations insignifiantes qui ne font que rendre la vie plate, prévisible, ennuyante, mais surtout très plate. Soyons francs : les party les plus hot sont ceux qui ne sont encadrés par aucune règle de convenance, par aucune restriction ; les party les plus fun sont ceux où personne ne se doit d’avoir un minimum de retenu mais plutôt un maximum de relâchement, de spontanéité et de je-m’en-foute-tu-ostie-de-tabarn. Au y’âble l’étiquette donc, cette connerie qui fait de nous de pauvres imbéciles qui ne s’attardent qu’aux détails sans importance et qui, en fin de compte, ne savent plus s’amuser, et par tous les moyens, ayons du fun, du gros fun sale. Mangeons exagérément trop, de sucre, de gras, de sel, buvons comme des osties d’ivrognes, abordons des sujets tabous et faisons des références directes à la sodomie devant les enfants, dansons sur les tables et cassons nos verres à vin s’il le faut, déchirons notre linge si ça nous tente, chantons comme des caves sur de la musique poche, salissons le tapis en masse, partageons les joints, les pailles et les seringues si drogue il doit y avoir, envoyons-nous en l’air avec notre cousin Louis et frenchons avec notre cousine Sandra en même temps, plus on est de fous plus on rit, et surtout, surtout, n’oublions pas d’avoir un ostie de mal de tête le lendemain, parce que c’est quasiment l’unique symptôme type d’une fête véritablement réussie.

Ceci étant dit, je vous souhaite un joyeux joyeux et très fun Noël cher amis, et beaucoup de temps libre, de grasses matinées et de déjeuner-crêpes pour celles et ceux qui profitent avec joie de quelques jours de congé!

24 décembre 2007. All about crossage. 4 commentaires.

Un peu d’espoir

Nous apprenions ce matin que la chaîne de télévision TQS était menacée de faillite.

C’est quasiment dommage, on commençait à se faire à l’idée qu’il y a vraiment du monde qui écoutent de leur plein gré et surtout assidûment La roue de fortune, Rire et délire et L’avocat du diable.

Et même, pour une sixième saison, 450 chemin du Golf.

19 décembre 2007. Actualités et autres crosseries. 7 commentaires.

Le monde est plate et cave

On le sait depuis longtemps, le monde est plate et cave. Pourtant, et c’est là une chose bien curieuse, toutes les occasions sont bonnes pour être surpris voire même secoué par les diverses manifestations concrètes de la platitude et de la caverie. Par exemple, lorsque les journaux rapportent qu’une mèche de la touffe de cheveux de sa sainteté John Lennon a trouvé acquéreur pour un montant de 24 000 livres (l’équivalent de 48 000 $) mercredi lors d’une vente aux enchères de souvenirs des Beatles, on est quand même étonné de l’apprendre. Puis on y repense comme il faut et on finit par se dire : «ouin, mais c’est vrai, à ce qu’il paraît, les Beatles, ils étaients meilleurs que Jésus». Ou encore, quand on lit, dans un journal quelconque, qu’un livre de contes rédigé et écrit à la main par l’auteur de la saga Harry Potter, la Britannique J.K. Rowling, a été vendu jeudi dernier 1,95 million de livres (ce qui corrrespond à 4 millions de dollars messieurs dames), soit environ 40 fois plus que son estimation la plus haute, il arrive que l’on relise l’article une seconde fois, par réflexe quasiment, juste pour être sûr et bien certain que l’on n’aurait pas mal lu l’article de journal comme il peut arriver parfois de mal lire les articles de journaux. Sauf qu’on relit, on constate que les données sont en effet incroyables, et ensuite on se dit que, ouin, 100% du monde, s’il n’a pas au moins lu les osties de 42 romans plates de la série, a au moins vu les osties de 42 films plates de la série, et que partant de ce point, le reste s’explique de lui-même, ou sinon presque. Et puis quand on apprend par hasard que Graceland, la maison d’Elvis Presley, à Memphis, Tennessee, a accueilli depuis son ouverture plus de 15 millions de personnes, et qu’elle continue d’accueillir environ 700 000 visiteurs chaque année, faisant ainsi de cet endroit le «monument» le plus visité de tous les États-Unis d’Amérique, juste après la Maison Blanche, le shack d’Elvis calvaire, le lieu où il dormait, mangeait, fourrait, chiait et pissait, il arrive que l’on fixe le vide deux ou trois secondes en se disant que le King était quand même un chanteur et un acteur américain, une grande star de la vedetterie, rien de moins, et qu’il avait une pas pire face cute, qu’il avait beaucoup de charisme comme ils disent dans le milieu, bien que la définition même du charisme reste assez obscure, et qu’il a vendu plus de 700 millions de disques de son vivant, près de 2 milliards à ce jour, qu’il a donné des milliers de spectacles, qu’il a joué dans une trentaine de films incroyablement poches, qu’il a fait littéralement brailler d’amour des centaines de milliers de jeunes filles et de garçons, et qu’il a crevé comme un cave dans un ostie de délire mégalomane il y a de ça 30 ans, d’une overdose d’un formidable mélange de médicaments semble-t-il, et qu’il était à ce moment franchement très obèse, sa fortune personnelle s’élevant le jour de son enterrement, soit-dit en passant, à plus de 100 millions de dollars US. Or, il arrive disais-je, que quand on tombe sur de telles informations, l’on ait envie de fixer le vide quelques secondes.

 

18 décembre 2007. Crosse rien'que. Laisser un commentaire.

Un fist en caoutchouc, mais pas un bike

Éprouver un désir quelconque pour une chose qu’il n’est pas commun de désirer est un signe de maladie mentale, de délinquance plus précisément. En ces temps de mondialisation, où on hoche tous la tête sur les mêmes MP3 dans les mêmes Ipod à Bangkok comme à Guadalajara, et où on bouffe les mêmes osties de patates frites dans un gras trans assez semblable à Marrakech comme sur la rue St-Jean, il faut être mais surtout paraître comme tout le monde, et ce, dans la ressemblance comme dans la différence. Ainsi, il faut avoir les cheveux mauves pour être un vrai punk, porter du linge en PVC pour être un vrai adepte du S&M, sentir le swing en masse pour être un vrai hippie, démontrer ouvertement sa gaiétude pour être un vrai gai, vivre de l’aide sociale pour être un vrai loser, etc. Même ceux qui revendiquent le plus leur différence s’assemblent et se conforment à des règles précises, les mêmes que les autres twits du reste leur gang de suiveux. Très rares sont ceux qui, bien qu’ils le prétendent pourtant, vivent de marginalité et d’eau fraîche -à ce sujet, il faut voir le plus ridicule de tous les écriteaux, affiché à l’entrée de la boutique Cruella, très populaire et réputée boutique gothique du Plateau Mont-Royal. Ledit écriteau y va d’une prescription totalement hilarante : «La conformité est la mort de l’âme», écrite jusqu’en lettres majuscules sur le site internet du commerce, site sur lequel on peut se commander des guenilles de vampires se détaillant à plus de 400 piasses le morceau, une grosse farce monumentale. Le précepte fait carrément de ses adeptes des zombies, considérant que la boutique en question suggère un style de vie -qui s’étend bien au-delà du choix des vêtements- bien précis, dans lequel tous les goths et ses wannabes se vautrent (et se conforment donc!) dans un souci du détail extraordinaire, ce qui consiste en une remarquable leçon d’acrobatie en matière de conformisme.

Or, nous disions, il faut, pour être en santé, faire comme les autres, faire comme tout le monde, s’entre-imiter, se fondre dans une quelconque masse de tarlas plus ou moins nombreux, s’assimiler à quelque chose qui existe déjà, appartenir à un certain groupe et en épouser les caractéristiques. Tout, pourvu que l’on ne se retrouve pas seul avec notre balle dans notre camp, car il pourrait être vu en ceci un grave symptôme d’une probable araignée au plafond, la santé se trouvant nécessairement du côté du nombre et malheureusement pour les excentriques, pas ailleurs. Une vie saine est une vie vécue normalement dans tout ce que la normalité évoque, c’est-à-dire une série de contraintes qu’on nous apprend à accepter comme étant les conditions de base d’une vie heureuse, bien que le nombre de dépressifs et de suicidés chez le petit monde ordinaire dans ce qu’il a de plus normal ne cesse de se tétra-décupler d’années en années -tellement que d’ici 2020, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la dépression, le mal-être du 21e siècle, deviendra la deuxième cause d’invalidité dans le monde, juste après les maladies cardiovasculaires… mais vraiment, who cares. Être comme tout le monde est ce qu’il faut franchement se souhaiter, c’est l’unique synonyme de la réussite et du bonheur, les osties de freaks qui s’entêtent à être vraiment différents des autres, différents de tous les autres, ne font que prendre la route d’un échec assuré. Prenons par exemple le cas de ceux qui ont des amis imaginaires, de ceux qui ont envie de se crosser 14 fois par jour et qui y consentent allègrement, de ceux qui mangent leur marde ou qui aiment se stranguler en se regardant dans le miroir, de ceux qui trippent à s’insérer de petits insectes dans les orifices ou qui jouissent de se montrer les couilles en public : ils sont communément perçus comme étant de graves nuisances pour le bon fonctionnement de la société, ce sont quasiment des dangers public, en ce sens qu’ils sont malades et que la maladie est une tare vicieuse dont il faut se protéger, c’est une honte qu’il faut enrayer, à la limite, punir. Ceux-là, ceux qui présentent des comportements problématiques dans ce que la plupart des gens ne s’y reconnaissent pas une seconde, il faut les empêcher d’exercer leur différence, parce que s’il est permis d’être différent, dans notre beau monde moderne et évolué, il est permis de l’être juste assez, pas trop.

Ceci pour dire qu’en Écosse, au cours des dernier mois, un homme a été arrêté par les autorités, surpris en flangrant délit par un membre du personnel de l’hôtel où il logeait; l’homme était en train de ne pas faire de bruit, de ne pas déranger personne, tout en se crossant vigoureusement le shaft sur, et avec l’aide de, son propre vélo de montagne. Il a été arrêté et reconnu coupable de «pratique offensante», a dû payer une amende et figurera, pour les trois prochaines années de sa vie, dans le registre des délinquants sexuels de son pays*. Bien qu’elle soit quand même sortie de nulle part, et probablement peu originale parce que semblable à des centaines d’autres, cette anecdote me vaudra, si vous me le permettez, une petite mise au point de circonstances : un fist en caoutchouc est un jouet sexuel admis, vous pouvez le magasiner dans l’un des sex shops des Galeries de la Capitale, le ramener chez vous, le montrer à vos amies, vous l’enfoncer dans le cul assez profondément pour qu’il y reste tout à fait coincé, subir une intervention chirurgicale d’urgence pour l’en déprendre et vous faire recoudre au passage les multiples déchirures anales qui résulteront de ce mauvais quart d’heure, et ainsi repartir chez vous le soir même sans aucune autre recommandation que de «faire attention la prochaine fois». Vous pourrez même, si le coeur vous en dit, recommencer le processus un nombre infini de fois. À l’heure actuelle, au Canada comme en Écosse, les pratiques sodomites et ce qui s’y rapporte sont de plus en plus répandues, et donc socialement acceptées, convenues et légales; pas les relations bicyclo-sexuelles qui demeurent, pour l’instant du moins, plutôt insolites. Non seulement vouloir fourrer avec son bike relève d’un désir anormal, mais de passer à l’acte n’est pas sans porter de lourdes conséquences : imaginez si la bicyclette décidait de porter plainte.

*Source : L’actualité.

11 décembre 2007. All about crossage. Laisser un commentaire.