La tête dans le cul

La Fondation des Maladies Mentales lançait récemment un message publicitaire destinée à la télévision, message voulant “sensibiliser la population à l’importance de diagnostiquer et soigner les maladies mentales qui touchent, sournoisement, un québécois sur six”, selon leurs -étonnantes- statistiques. La maladie mentale, dans la publicité en question, est représentée par deux méchantes personnes cagoulées qui enlèvent un père de famille à ses proches, nous laissant ainsi imaginer l’horreur de la suite. La scène est dramatique, froide, violente, et bien-sûr, métaphorique.

Les détenteurs d’un quotient intellectuel de un et plus ont compris que la métaphore signifie, tel que le thème de la campagne de la Fondation des Maladies Mentales l’indique, que la maladie agit comme une malfaiteuse, que la situation pour les gens malades et leur entourage est éprouvante, bref, qu’”il y a urgence d’agir”. On peut comprendre le pourquoi du message, après tout, c’est grave la démence, et on sait tous qu’il n’y a rien de drôle à être malade. Chaque année, des milliers de personnes au Québec sont internées, et tout le monde est bien au courant que ce n’est ni comique ni léger ce qui se passe dans les asiles et dans les foyers où résident des personnes malades. Les gens qui ont vu de leurs proches perdre le contact avec la réalité, ainsi que ceux qui sont capables d’un minimum d’empathie peuvent témoigner du poids d’une telle situation, et de l’importance que peut représenter une aide extérieure. Mais ceci étant dit, au diable les bonnes intentions de sensibilisation, et n’osez pas faire une publicité déstabilisante avec des cagoules pis des méchants habillés en noir qui sont pas smaths avec le bon monde dans leur chez eux, surtout pas si la scène en question pointe du doigt une situation réelle, grave et problématique qui affecte actuellement notre belle société, parce qu’il vous faudra rapidement la retirer des ondes. Ainsi, la publicité de la Fondation des Maladies Mentale, ayant choqué à outrance un certain nombre de personnes qui y ont vu un usage injustifié de violence, chose qui n’est pas coutume dans notre paysage télévisuel et dans la vraie vie en en général n’est-ce pas, -incluez Christiane Charette dans le lot de ces graves imbéciles, qui essayait, dans son émission de ce matin, de faire avaler au réalisateur du message publicitaire que les images de cagoules et de violence “encouragent le terrorisme et les invasions au domicile”, ne vous étouffez pas, ces mots sont les siens- a donc dû retirer, pour ne pas perdre la face devant ce gros tas d’arrièrés, sa publicité jugée trop indécente pour le bon petit monde dans leur divan.

Pendant ce temps-là, des yeux se crèvent à coups de tenailles au cinéma, des têtes se décapitent gratuitement dans des séries américaines, des ados de 12 ans sniffent de la poudre dans l’émission Ramdam présentée sur l’heure du dîner à Télé-Québec, et des modèles de 14 ans cokées et anorexiques posent en bobettes et en brassières dans des magazines de mode vendus moins de 5 piasses dans toutes les bonnes épiceries, pendant que Robert Gilet se fait cracher dans la face par le Québec en entier pour avoir osé fourrer et osé désirer fourrer des petites putes de moins de 18 ans.

18 janvier 2008. Actualités et autres crosseries.

2 commentaires

  1. & a répondu :

    C’est pas 6/6 ? On a pas les mêmes critères ! Mouhaaaa-haaa !

  2. doubleassassinat a répondu :

    Ce sont quand même d’étonnantes statistiques, n’est-ce pas.

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