Alea jacta est
Nous apprenions dans Le Devoir de ce matin que le diplôme d’études secondaires (DES) ne sera plus obligatoire pour quiconque désirera être admis au cégep.
Remarquez que ceci est une nouvelle très surprenante, que c’est tout le contraire de ce à quoi l’on aurait pu s’attendre après qu’il ait été question de ne plus comptabiliser les fautes d’orthographe, de syntaxe et de ponctuation dans la correction de l’épreuve uniforme de français. D’ailleurs, on peut oublier l’idée que quelque chose de ce genre (ne plus comptabiliser les erreurs dans un examen final et obligatoire pour tous) doive nécessairement se produire dans le courant des prochains mois, car tous ces nouveaux arrivants, orphelins du DES, n’échoueront certainement pas tous leurs cours de cégep ou presque pour finalement décrocher et ne plus payer leurs frais de scolarité -chose que l’on voudrait pas pentoute éviter dans le fond. De toute façon, le taux de réussite au collégial est déjà tellement élevé chez les étudiants qui ont complété et réussi la totalité de leurs cours de français de niveau secondaire, on n’ose pas imaginer quelle sera la remarquable performance de ceux qui ne ce sont même pas rendus là.
Ceci étant dit, ce qui serait vraiment, mais alors vraiment très étonnant, serait que le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport décide de ne plus forcer les étudiants de niveau universitaire à remettre leurs travaux et réussir les examens pour l’obtention du baccalauréat auquel ils seront inscrits. Assiter aux cours, une fois de temps en temps au moins, et payer le bill à la fin du trimestre seraient les deux seules conditions nécessaires pour devenir de fiers et compétants bacheliers. À l’occasion, acheter les livres, surtout lorsque l’enseignant mettrait à l’étude ses propres ouvrages, pourrait aussi s’avérer obligatoire pour l’obtention des crédits du cours. La lecture, l’étude, la remise des travaux et la réussite des examens seraient réservés à ceux que ça leur tenterait de temps en temps. Mais on serait extrêmement étonnés qu’une telle chose se produise, aussi bien dire toute suite que c’est impossible et que ça n’arrivera jamais. Parce que si ça arrivait, on pourrait être pas mal certains que les viaducs ne s’écrouleraient plus, que le système de santé québécois se porterait mieux, que le bacc en communication de l’université Laval continuerait de produire de grosses niaiseuses et que les avocats sortant de l’école du Barreau seraient plus mange-mardes que jamais.

David a répondu :
Ça c’était un beau résumé lucide de la vie à l’université ça. À quand les machines distributrices de diplôme, qu’on soit plus efficace ?
En tout cas, la situation est pareille à l’UdeM. De mon passage à l’Ulaval, ce que j’ai principalement observé de cohérent, c’est les auditoriums remplis à craquer et les professeurs qui ne savent pas comment faire fonctionner les micros…
25 janvier 2008 at 7:56 . Permalien.
double assass' a répondu :
Bonjour David,
Merci pour votre commentaire.
À l’université Laval, et j’imagine que c’est partout pareil, certaines facultés sont aussi plus négligées que d’autres. La chose se remarque bien évidemment dans les domaines d’étude qui forment des “spécialistes qui ne servent à rien”. Ils ont droit à une chiure de profs incompétents, à des locaux où il n’y a pas suffisamment de place pour une trentaine d’étudiants, c’est-à-dire pas assez de chaises carrément, où il n’y a parfois ni craies ni de feutres pour pouvoir écrire sur un tableau… Bref, il arrive que ce soit un peu triste.
Ceci étant dit, bienvenue sur cette page, au plaisir de vous y revoir.
26 janvier 2008 at 6:07 . Permalien.
Zhom a répondu :
J’ai abandonné l’université le jour où, lors d’une manif, un digne représentant de tel ou tel comité étudiant a déploré, devant la foule ébahie, micro en main et l’air sincèrement pénétré, la hausse des prix de la bouffe à la cantine…
(Véridique!)
3 février 2008 at 7:11 . Permalien.
doubleassassinat a répondu :
Y’avait juste à se faire des lunchs si y’était pas content.
4 février 2008 at 8:45 . Permalien.