« Du jamais vu »

Comme quoi deux têtes valent mieux qu’une, double bravo à ces deux brillants journalistes de cyberpresse qui ont écrit le plus hilarant de tous les articles de journaux que nous ayons eu la chance de lire dans nos tristes vies, et dieu sait qu’il y en a en simonaque. Voici l’article en question fraîchement copié-collé ici, pour votre bon divertissement, avec en prime quelques-uns de mes commentaires à la fin.

La tempête frappe de plein fouet

par Mathieu Perreault et Catherine Handfield, La Presse

Du jamais vu. Avec des conditions routières qualifiées de «critiques» par le ministère des Transports, la tempête de neige d’hier a provoqué deux carambolages, la fermeture d’une vingtaine de routes et d’autoroutes et d’innombrables sorties de routes. Et fait tout à fait exceptionnel: la STM a demandé à la population en soirée de cesser de prendre les autobus et de se rabattre sur le métro.

L’aéroport international Pierre-Elliott-Truedeau a pour sa part suspendu temporairement ses activités.

Montréal s’est transformé en gigantesque nuage de neige, ce soir, quand la tempête a dépassé les prédictions les plus apocalyptiques. Les vents ont frôlé les 100 km/h.

Les conditions de routes exécrables ont provoqué le cauchemar des automobilistes. Vers 16h40, un carambolage s’est produit sur l’autoroute 40 en direction ouest, à la hauteur de Lavaltrie. L’accident a fait 10 blessés, dont une fillette de sept ans. L’enfant se trouve dans un état critique à l’hôpital Saint-Justine.

Une vingtaine de minutes plus tard, un autre carambolage s’est produit sur l’autoroute 30 à la hauteur de Verchères. La SQ ignore le nombre et voitures impliquées et le nombre de blessé.

Visibilité nulle

À 20h, la visibilité était qualifiée de réduite à nulle partout de la région de l’Outaouais à Québec. Le ministère des Transports qualifiait les conditions routières de «critiques».

Dès le milieu de la soirée, le Ministère des Transports a commencé à fermer des routes. Vers 20h30, pas moins d’une vingtaine d’entre elles étaient fermées au Québec, dont la 30 à Verchères et la 15 Nord à Blainville. Sur la route 337 à Saint-Roch-de-l’Achigan, le blizzard avait carrément enseveli des voitures y circulant, de sorte que les déneigeuses du ministère des Transports ne pouvaient plus passer.

La Sûreté du Québec a rapporté d’innombrables sorties de routes et de nombreux accidents sans blessés graves un peu partout dans la province.

L’arrondissement de Ville-Marie a décidé de commencer dès demain matin le déneigement de certaines portions du centre-ville, pour éviter une congestion monstre lundi matin, lors du retour des vacances d’hiver.

La journée avait commencé très différemment. Nombre de Montréalais se sont réveillés surpris du peu de neige – deux centimètres – qui était tombée dans la nuit de vendredi à samedi. En milieu de journée, une petite tempête de deux heures a laissé deux autres centimètres. Les rapports apocalyptiques en provenance de l’Ontario, où la police avait dû cesser de répondre aux appels des automobilistes coincés sur les autoroutes, semblaient exagérés.

Mais la neige a recommencé à tomber vers 15h, et le vent s’est rapidement mis de la partie. Dès 16h, on voyait à peine à plus d’un coin de rue en ville. Environnement Canada a émis un avertissement de vents violents. La quantité de neige totale n’est pas énorme : entre 20 et 30 centimètres, moins que durant les grosses tempêtes de décembre. «Ce sont les vents qui rendent la tempête plus impressionnante», a expliqué M. Cantin.

L’hiver a été rude pour les citadins et le mobilier urbain. Déjà vendredi, les toits d’une station-service et d’une usine d’armoires de cuisine de Saint-Jérôme, ainsi que d’une usine de structures d’acier de Terrebonne, se sont effondrés sous le poids de la neige. Samedi, c’était au tour d’une aréna de Louiseville.

À La Plaine, les pompiers ont dû inspecter des fissures à l’aréna, mais ont conclu qu’elles ne touchaient pas le toit, seulement les murs ; un parent a toutefois contacté La Presse pour critiquer la décision de tenir les matches de hockey comme prévu.

Enfin, si je peux me permettre : il peut être intéressant de noter que nous sommes actuellement en hiver, saison du froid, de la neige, du vent, du grésil et du blizzard, des chars qui restent pognés dans les bancs de neige et/ou qui ne démarrent pas, des accidents routiers causés par la glace noire et les pneus quatre saisons, et qu’un regroupement de toutes ces caractéristiques a lieu plus ou moins une fois par semaine de chacun des mois de cette saison, et que c’est exactement de même que ça se passe depuis au moins un ostie de boute. En ce sens, il pourrait être pertinent de se questionner à savoir pourquoi exactement les deux journalistes bien de chez nous -et donc bien familiers de ce climat hivernal violent et québécois que nous connaissons tous- ont cru bon d’écrire comme premiers mots de leur article l’expression qui sert normalement à caractériser des événements que nous n’avons effectivement jamais vus : “du jamais vu”. Quand même, y’a fait mauvais, mais je pense que dans le temps de ma grand-mère, y ventait fort aussi.

Bref, ceci pour dire qu’il faut lire les journaux. Ils sont vraiment remplis d’informations de choses fascinantes.

9 mars 2008. Actualités et autres crosseries.

7 commentaires

  1. Bernard a répondu :

    Je me fais un devoir de ne JAMAIS lire les articles sur la météo, j’ai déjà trop de collègues qui m’emmerdent avec leur pelletage et leurs considérations métaphysique sur les précipitations de la veille ou – pire – cette invention du diable pour faire défriser les matantes : le facteur vent, trop de collègues qui m’emmerdent, disais-je, pour perdre du temps avec cette prose.

    Mais j’ai ressenti un appel hier, et j’ai failli m’étrangler de rire en lisant que la tempête avait « dépassé les prédictions les plus apocalyptiques. »

    Félicitations pour votre beau programme

  2. Doparano a répondu :

    La mère qui se plaint que la ville n’annule pas les matchs de Hockey de son fils , je suppose qu’elle peut pas se contenter de simplement le garder à la maison par pure sécurité pour son kid?? Ben non, faut qu’elle fasse des sparages dans les médias pour dire combien l’hiver lui fait peur.

    C’est l’hiver viarge, on est au Québec pis on est ben content de pas habiter le KOSOVO!

    Kessé qu’on peut faire pour changer les choses?

    RIEN! NIET! NADA!

  3. doubleassassinat a répondu :

    Bernard : Je lis les articles sur la météo chaque fois qu’il tombe de la neige, juste pour le fun d’y voir les comparaisons incroyables que les journalistes font entre l’hiver québécois du Québec ici présent et l’apocalypse du monde entier de la terre. Comme ça arrive à peu près une fois par semaine, c’est-à-dire chaque fois qu’il vente, j’en ai déduit que les journalistes sont monétairement récompensés lorsqu’ils font un usage abusif des mots qui appellent à une certaine “fin du monde”, alors que les termes qui devraient précisément être utilisés sont “neige et vent”, ou dans le pire des cas, “tempête de neige”.

    Dop’ : Y’a toujours des mères folles qui s’excitent dans les médias pour le pur principe de s’exciter dans les médias. Je pense qu’on ne s’en sortira jamais.

    :P

  4. Doparano a répondu :

    Y’a quand même quelque chose d’extraordinaire avec cet hiver plus blanc que blanc … Les pitounes de Météomedia ne se sont que très rarement trompée dans leurs prévisions (pas tellement difficile d’annoncer de la neige et de la neige encore quand sur les cartes satellites, tout est BLANC)

    J’imagine ce qu’elles doivent se dire dans leur tête!

    Prends ça auditeur de merde qui croit que je ne suis là que pour mes beaux yeux, tu vois bien que je connais mon métier???? Y’a pas une tempête que je t’ai pas annoncée! Pas une seule fois ou je t’ai menti en tout ou en partie.

  5. Bernard a répondu :

    Dans le genre, tu n’auras par manqué « Le Québec se remet de la tempête du XXIe siècle » (http://www.cyberpresse.ca/article/20080310/CPPRESSE/80309122/6730/CPACTUALITES). LA tempête du XXIe siècle… Il leur reste 92 ans pour la répéter cette niaiserie-là.

  6. g a répondu :

    Le Réseau de Transport de la Capitale en a profité le lendemain de la tempête, une fois que tout était déneigé, pour ne faire rouler que 4 parcours, et encore, beaucoup plus lentement qu’à l’habitude. Le travail avait été fait pour débarasser les rues de neige, pourtant rouler dans ces rues sans danger semblait être un défi.

    À la RTC, on en profitait pour se crisser une nouvelle fois, d’une nouvelle façon, des utilisateurs.

  7. Ostide a répondu :

    Remarquez que désormais, la température ne se donne plus telle quelle, mais en incluant le facteur vent en hiver, et le facteur humidex en été. Plus moyen de savoir la température qu’il fait VRAIMENTR. Il est loin le temps des «x degrés à l’ombre».

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