L’imposture ordinaire

Il faut remarquer qu’elle est partout, tout le temps : sur le web, dans les journaux, dans les librairies, dans tous les cinémas près de chez vous, à la radio, dans la poitrine de Nelly Arcan, dans la décoration des restaurants à la mode, dans la musique plate des discothèques, dans les films pornos, au dépanneur du coin, dans le cinéma de répertoire, dans la grande littérature, dans les musées, dans les casinos, dans les bijoux fabriqués en industrie, dans le discours des gens bien élevés, dans le nom de famille de Rafaële Germain, au palais de justice et dans le trou de cul des avocats, dans les publicités de cosmétiques avec Scarlett Johansson, dans la bouteille de tequila, dans vos running shoes, dans le pouvoir en général, dans les téléromans avec Guillaume Lemay-Thivierge, dans le bulletin de nouvelles, dans la popularité des chanteuses américaines, dans la science, dans les églises, dans l’économie, dans la politique, dans votre cercle d’amis, dans les lois anti-tabac, dans la personne de Patrick Huard, à l’université, dans tous les milieux artistiques et intellectuels, dans la bullshitt de Christiane Charette, dans le sexisme de Denise Bombardier, dans les systèmes philosophiques, dans les communautés religieuses, dans ce que l’histoire a retenu et dans ce qu’elle a oublié, dans le surréalisme et la poésie, dans la jolie jeune fille qui montre beaucoup de sa peau mais qui s’indigne quand on la regarde trop longtemps, dans votre père et votre mère, dans la danse contemporaine, dans le clin d’oeil du gars au bar, dans les abonnements au gym, dans le G-string de la fille aux jeans Parasuco à 150$, dans les boutiques gothiques, dans tout le jeu de la séduction, dans le modèle du couple, dans le sourire forcé de la barmaid, dans le féminisme, dans le “t’es belle” du gars qui veut juste fourrer, dans le “fuck you” de la fille qui veut pas fourrer, dans la comédie des guidounes qui dansent comme dans les vidéoclips de hiphop et qui frenchent avec la langue en vous faisant miroiter ce qui n’aura jamais lieu, dans le blowjob de la prostitué qui se justifie par une transaction, dans l’ostie de CD plate que vous avez reçu pour votre anniversaire, dans le pain tranché aux 32 céréales, dans les coupes de cheveux des grands salons branchés, dans votre sonnerie de cellulaire, dans Windows Vista, dans la journée qui commence à 9h00 et se termine à 17h00, dans le “je t’aime” que vous dites parfois et celui que vous ne dites pas, dans les bonne manières, dans votre bibliothèque, dans votre char, dans votre panier de linge sale, etc.

15 avril 2008. All about crossage.

2 commentaires

  1. ZHOM a répondu :

    Tout est imposture. Tout est toc. Tout est stuc. Tout est kitsch. Je repique sans honte une célèbre formule de Cioran et je déclare, prenant la pose intense et pénétrée du penseur improvisé, que la VIE n’est rien d’autre que le côté quétaine de la matière.

  2. Stacie di Lesso a répondu :

    À propos de Guillaume Lemay-Thivierge… Est-ce qu’il n’a jamais vraiment fini son secondaire ou c’est seulement une légende moderne ?

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