« Du jamais vu »
Comme quoi deux têtes valent mieux qu’une, double bravo à ces deux brillants journalistes de cyberpresse qui ont écrit le plus hilarant de tous les articles de journaux que nous ayons eu la chance de lire dans nos tristes vies, et dieu sait qu’il y en a en simonaque. Voici l’article en question fraîchement copié-collé ici, pour votre bon divertissement, avec en prime quelques-uns de mes commentaires à la fin.
La tempête frappe de plein fouet
par Mathieu Perreault et Catherine Handfield, La Presse
Du jamais vu. Avec des conditions routières qualifiées de «critiques» par le ministère des Transports, la tempête de neige d’hier a provoqué deux carambolages, la fermeture d’une vingtaine de routes et d’autoroutes et d’innombrables sorties de routes. Et fait tout à fait exceptionnel: la STM a demandé à la population en soirée de cesser de prendre les autobus et de se rabattre sur le métro.
L’aéroport international Pierre-Elliott-Truedeau a pour sa part suspendu temporairement ses activités.
Montréal s’est transformé en gigantesque nuage de neige, ce soir, quand la tempête a dépassé les prédictions les plus apocalyptiques. Les vents ont frôlé les 100 km/h.
Les conditions de routes exécrables ont provoqué le cauchemar des automobilistes. Vers 16h40, un carambolage s’est produit sur l’autoroute 40 en direction ouest, à la hauteur de Lavaltrie. L’accident a fait 10 blessés, dont une fillette de sept ans. L’enfant se trouve dans un état critique à l’hôpital Saint-Justine.
Une vingtaine de minutes plus tard, un autre carambolage s’est produit sur l’autoroute 30 à la hauteur de Verchères. La SQ ignore le nombre et voitures impliquées et le nombre de blessé.
Visibilité nulle
À 20h, la visibilité était qualifiée de réduite à nulle partout de la région de l’Outaouais à Québec. Le ministère des Transports qualifiait les conditions routières de «critiques».
Dès le milieu de la soirée, le Ministère des Transports a commencé à fermer des routes. Vers 20h30, pas moins d’une vingtaine d’entre elles étaient fermées au Québec, dont la 30 à Verchères et la 15 Nord à Blainville. Sur la route 337 à Saint-Roch-de-l’Achigan, le blizzard avait carrément enseveli des voitures y circulant, de sorte que les déneigeuses du ministère des Transports ne pouvaient plus passer.
La Sûreté du Québec a rapporté d’innombrables sorties de routes et de nombreux accidents sans blessés graves un peu partout dans la province.
L’arrondissement de Ville-Marie a décidé de commencer dès demain matin le déneigement de certaines portions du centre-ville, pour éviter une congestion monstre lundi matin, lors du retour des vacances d’hiver.
La journée avait commencé très différemment. Nombre de Montréalais se sont réveillés surpris du peu de neige – deux centimètres – qui était tombée dans la nuit de vendredi à samedi. En milieu de journée, une petite tempête de deux heures a laissé deux autres centimètres. Les rapports apocalyptiques en provenance de l’Ontario, où la police avait dû cesser de répondre aux appels des automobilistes coincés sur les autoroutes, semblaient exagérés.
Mais la neige a recommencé à tomber vers 15h, et le vent s’est rapidement mis de la partie. Dès 16h, on voyait à peine à plus d’un coin de rue en ville. Environnement Canada a émis un avertissement de vents violents. La quantité de neige totale n’est pas énorme : entre 20 et 30 centimètres, moins que durant les grosses tempêtes de décembre. «Ce sont les vents qui rendent la tempête plus impressionnante», a expliqué M. Cantin.
L’hiver a été rude pour les citadins et le mobilier urbain. Déjà vendredi, les toits d’une station-service et d’une usine d’armoires de cuisine de Saint-Jérôme, ainsi que d’une usine de structures d’acier de Terrebonne, se sont effondrés sous le poids de la neige. Samedi, c’était au tour d’une aréna de Louiseville.
À La Plaine, les pompiers ont dû inspecter des fissures à l’aréna, mais ont conclu qu’elles ne touchaient pas le toit, seulement les murs ; un parent a toutefois contacté La Presse pour critiquer la décision de tenir les matches de hockey comme prévu.
Enfin, si je peux me permettre : il peut être intéressant de noter que nous sommes actuellement en hiver, saison du froid, de la neige, du vent, du grésil et du blizzard, des chars qui restent pognés dans les bancs de neige et/ou qui ne démarrent pas, des accidents routiers causés par la glace noire et les pneus quatre saisons, et qu’un regroupement de toutes ces caractéristiques a lieu plus ou moins une fois par semaine de chacun des mois de cette saison, et que c’est exactement de même que ça se passe depuis au moins un ostie de boute. En ce sens, il pourrait être pertinent de se questionner à savoir pourquoi exactement les deux journalistes bien de chez nous -et donc bien familiers de ce climat hivernal violent et québécois que nous connaissons tous- ont cru bon d’écrire comme premiers mots de leur article l’expression qui sert normalement à caractériser des événements que nous n’avons effectivement jamais vus : “du jamais vu”. Quand même, y’a fait mauvais, mais je pense que dans le temps de ma grand-mère, y ventait fort aussi.
Bref, ceci pour dire qu’il faut lire les journaux. Ils sont vraiment remplis d’informations de choses fascinantes.
Autant en emporte la culture
Serait-il pertinent de se demander s’il pourrait être préférable qu’un élève québécois étudiant la musique dans le but de devenir musicien de profession, ou simplement pour le plaisir de faire du bruit dans son sous-sol le dimanche après-midi, ne se penche, tout au long de son apprentissage, que sur des oeuvres québécoises, composées, écrites et jouées par des québécois? Au diable donc les grands classiques français, allemands, italiens, autrichien, tchèquo-russes ainsi que toute la balance des grands morceaux qui ne sont pas absolument québécois : au Québec, apprendre à jouer de la musique et à en créer se ferait par la musique québécoise et exclusivement par les compositeurs québécois. L’on pourrait étendre le même schéma aux arts visuels, à la littérature, ou à la philosophie, par exemple. Poser la question c’est quasiment y répondre tellement l’idée est ridicule; il faudrait être toton en ostie pour ne serait-ce qu’envisager s’auto-projeter dans un tel mélodrame. Pourtant, selon le très sérieux ministère de l’Éducation, il peut être pertinent, semble-t-il, de se demander si la littérature française, pour le peu de place qu’elle occupe actuellement au collégial, ne devrait pas tant qu’à y être occuper une place encore moins importante, c’est-à-dire aucune place pentoute.
L’écrivain, professeur et critique Jacques Folch-Ribas révélait, dans un article paru dans La Presse il y a quelques jours, le contenu d’un récent sondage adressé par le ministère de l’Éducation aux enseignants. Document de onze questions au total, dont les deux dernières ont ce petit quelque chose d’incroyable qui nécessite qu’on se frotte les yeux comme il faut et qu’on relise à nouveau, juste pour être bien sûr qu’on est pas rendu malade mental:
La dixième question : « Désirez-vous que la littérature québécoise occupe une place plus grande, et dans quelle mesure?» et la onzième : «Une hypothèse émise l’an dernier par l’Association nationale des éditeurs de livres et l’Union nationale des écrivains québécois était d’exclure complètement la littérature française des cours de niveau collégial, en créant trois cours de littérature québécoise. Que pensez-vous de cette hypothèse?»
Évidemment, nous pensons de cette hypothèse que c’est de la marde, en plus de douter que ce soit au fond une grosse farce, un ostie de poisson d’avril avant le temps, et de se dire que formulée ainsi, une réponse nous est clairement suggérée, pour ne pas dire, carrément imposée. Nous pensons de cette hypothèse que c’est de la grosse marde sale, aussi, entre autres, parce que se couper de l’histoire de la littérature française, c’est se couper d’une partie de notre histoire, c’est tirer un trait sur nos racines, sur notre appartenance à la francophonie mondiale, et on pourrait continuer en ce sens encore et encore, parce que les raisons faisant de cette hypothèse le fruit d’une puissante gastro-entérite sont infinies. Nous pensons également que retirer la littérature française du collégial, c’est, dans un geste suicidaire, câlisser aux vidanges une bonne partie de ce qui s’appelle le “fun” et qui est déjà bien peu présent dans nos établissements scolaires -on ne se cachera pas qu’à côté des Fleurs du mal et des nouvelles de Maupassant, et des récits de Flaubert, la littérature du terroir, c’est quand même pas si drôle que ça. Ceci pour dire qu’à première vue, la proposition apparaît complètement conne et qu’il semble assez invraisemblable qu’on y ait simplement pensé, que quelqu’un, quelque part, se soit penché là-dessus, qu’il y ait réfléchi, qu’il l’ait suggéré à ses potes, que ceux-ci aient examiné sérieusement la proposition à leur tour, pour finalement trouver que ça avait “ben de l’allure”, et que tout ce beau monde était payé pour célébrer leur incompétence et leur médiocrité, et qu’on en soit rendu là, cet après-midi, à se demander ce qu’on pense de cette dangeureuse hypothèse digne de la plus hilarante de toutes les comédies.
Mais remarquez qu’après réfléxion, l’idée n’est pas si mauvaise. Avec du recul, c’est même une bonne idée, excellente on pourrait dire, qui ouvre tout grand la porte à une foule de nouvelles possibilités. Par exemple, on pourrait permettre aux auteurs québécois de verser une certaine somme d’argent aux professeurs pour que ces derniers mettent à l’étude leurs livres. Les torchons des écrivateux qui n’ont pas de talent se venderaient bien mieux, les éditeurs québécois pourraient se payer des beaux chars, les professeurs pourraient faire de l’argent en dessous de la table, les étudiants deviendraient de parfaits incultes et tout le monde serait exactement crossé, imbécile, heureux et content de l’être. Aussi, les professeurs de cégep pourraient se mettre à éructer des romans ultrapoches, à s’auto-éditer et à se mettre à l’étude dans le cadre de leur propre classe, vendant ainsi des chiures et des chiures de copies de leur propre marde en s’assurant du même coup de la faire manger à la plus grande quantité de monde possible. Certains d’entre eux deviendraient des stars et il y aurait leur grosse face de tapette sur des affiches dans les grandes librairies commerciales. Pour contrôler le respect de la nouvelle règle du “icitte, on étudie Nelly Arcan, Marie Laberge, Stanley Péan pis Joe Ti-Coune, tabarnak!” on pourrait aussi punir les professeurs rebelles qui décideraient d’enseigner quand même la littérature française, dans le secret de la porte close de la salle de cours. On pourrait les punir très sévèrement en leur donnant de grosses amendes, ou en les mettant en prison, ou en leur faisant subir différents supplices dans des salles de torture subventionnées.
*Grand merci à Simon-Pierre pour le lien vers l’article de Lysiane Gagnon, “L’inculture triomphante“, paru dans l’édition du mardi 5 février 2008 de La Presse.

Du football et de l’ennui
“Selon la firme Nielsen Media Research, 97,5 millions de téléspectateurs ont assisté à la victoire des Giants, dimanche. Plus de personnes ont vu le match de championnat de la NFL que toute autre émission de télévision aux États-Unis, à l’exception du dernier épisode de M.A.S.H. en 1983, qui avait attiré 106 millions de téléspectateurs.”
En réaction à ces beaux chiffres câlissement pas drôles, deux questions : premièrement, combien de millions de cornichons parmi cette chiure de suiveux n’ont, le reste de l’année, absolument aucun intérêt pour le football, et ne regardent, en terme de matchs de football, que le Super Bowl, et ce, juste parce que tout le monde le regarde et qu’il faut tellement faire comme tout le monde dans la vie pour être quelqu’un? Deuxièmement, combien de millions d’abrutis parmi ce gros tas de couillons n’ont jamais entendu parler des équipes qui s’affrontent, ne connaissent même pas les règles du jeu, ne comprennent rien pentoute à ce qui se passe mais s’excitent comme des épais quand tout le monde s’énarve juste pour faire comme les autres pis être dans la gang?
Sinon, c’est quoi l’ostie de fun à manger des ailes de poulet graisseuses dans le divan en se faisant agresser par de grosses publicités même pas drôles diffusées entre trois minutes d’un spectacle archi-poche et quatre minutes d’un sport archi-plate, archi-pas-fun et archi-ennuyant?
Ciboire, dimanche, ça n’a tenté à personne de passer ce temps entre amis avec moins de télévision dans le salon, moins de vêtements sur le dos et plus de drogue à partager?

Alea jacta est
Nous apprenions dans Le Devoir de ce matin que le diplôme d’études secondaires (DES) ne sera plus obligatoire pour quiconque désirera être admis au cégep.
Remarquez que ceci est une nouvelle très surprenante, que c’est tout le contraire de ce à quoi l’on aurait pu s’attendre après qu’il ait été question de ne plus comptabiliser les fautes d’orthographe, de syntaxe et de ponctuation dans la correction de l’épreuve uniforme de français. D’ailleurs, on peut oublier l’idée que quelque chose de ce genre (ne plus comptabiliser les erreurs dans un examen final et obligatoire pour tous) doive nécessairement se produire dans le courant des prochains mois, car tous ces nouveaux arrivants, orphelins du DES, n’échoueront certainement pas tous leurs cours de cégep ou presque pour finalement décrocher et ne plus payer leurs frais de scolarité -chose que l’on voudrait pas pentoute éviter dans le fond. De toute façon, le taux de réussite au collégial est déjà tellement élevé chez les étudiants qui ont complété et réussi la totalité de leurs cours de français de niveau secondaire, on n’ose pas imaginer quelle sera la remarquable performance de ceux qui ne ce sont même pas rendus là.
Ceci étant dit, ce qui serait vraiment, mais alors vraiment très étonnant, serait que le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport décide de ne plus forcer les étudiants de niveau universitaire à remettre leurs travaux et réussir les examens pour l’obtention du baccalauréat auquel ils seront inscrits. Assiter aux cours, une fois de temps en temps au moins, et payer le bill à la fin du trimestre seraient les deux seules conditions nécessaires pour devenir de fiers et compétants bacheliers. À l’occasion, acheter les livres, surtout lorsque l’enseignant mettrait à l’étude ses propres ouvrages, pourrait aussi s’avérer obligatoire pour l’obtention des crédits du cours. La lecture, l’étude, la remise des travaux et la réussite des examens seraient réservés à ceux que ça leur tenterait de temps en temps. Mais on serait extrêmement étonnés qu’une telle chose se produise, aussi bien dire toute suite que c’est impossible et que ça n’arrivera jamais. Parce que si ça arrivait, on pourrait être pas mal certains que les viaducs ne s’écrouleraient plus, que le système de santé québécois se porterait mieux, que le bacc en communication de l’université Laval continuerait de produire de grosses niaiseuses et que les avocats sortant de l’école du Barreau seraient plus mange-mardes que jamais.

La tête dans le cul
La Fondation des Maladies Mentales lançait récemment un message publicitaire destinée à la télévision, message voulant “sensibiliser la population à l’importance de diagnostiquer et soigner les maladies mentales qui touchent, sournoisement, un québécois sur six”, selon leurs -étonnantes- statistiques. La maladie mentale, dans la publicité en question, est représentée par deux méchantes personnes cagoulées qui enlèvent un père de famille à ses proches, nous laissant ainsi imaginer l’horreur de la suite. La scène est dramatique, froide, violente, et bien-sûr, métaphorique.
Les détenteurs d’un quotient intellectuel de un et plus ont compris que la métaphore signifie, tel que le thème de la campagne de la Fondation des Maladies Mentales l’indique, que la maladie agit comme une malfaiteuse, que la situation pour les gens malades et leur entourage est éprouvante, bref, qu’”il y a urgence d’agir”. On peut comprendre le pourquoi du message, après tout, c’est grave la démence, et on sait tous qu’il n’y a rien de drôle à être malade. Chaque année, des milliers de personnes au Québec sont internées, et tout le monde est bien au courant que ce n’est ni comique ni léger ce qui se passe dans les asiles et dans les foyers où résident des personnes malades. Les gens qui ont vu de leurs proches perdre le contact avec la réalité, ainsi que ceux qui sont capables d’un minimum d’empathie peuvent témoigner du poids d’une telle situation, et de l’importance que peut représenter une aide extérieure. Mais ceci étant dit, au diable les bonnes intentions de sensibilisation, et n’osez pas faire une publicité déstabilisante avec des cagoules pis des méchants habillés en noir qui sont pas smaths avec le bon monde dans leur chez eux, surtout pas si la scène en question pointe du doigt une situation réelle, grave et problématique qui affecte actuellement notre belle société, parce qu’il vous faudra rapidement la retirer des ondes. Ainsi, la publicité de la Fondation des Maladies Mentale, ayant choqué à outrance un certain nombre de personnes qui y ont vu un usage injustifié de violence, chose qui n’est pas coutume dans notre paysage télévisuel et dans la vraie vie en en général n’est-ce pas, -incluez Christiane Charette dans le lot de ces graves imbéciles, qui essayait, dans son émission de ce matin, de faire avaler au réalisateur du message publicitaire que les images de cagoules et de violence “encouragent le terrorisme et les invasions au domicile”, ne vous étouffez pas, ces mots sont les siens- a donc dû retirer, pour ne pas perdre la face devant ce gros tas d’arrièrés, sa publicité jugée trop indécente pour le bon petit monde dans leur divan.
Pendant ce temps-là, des yeux se crèvent à coups de tenailles au cinéma, des têtes se décapitent gratuitement dans des séries américaines, des ados de 12 ans sniffent de la poudre dans l’émission Ramdam présentée sur l’heure du dîner à Télé-Québec, et des modèles de 14 ans cokées et anorexiques posent en bobettes et en brassières dans des magazines de mode vendus moins de 5 piasses dans toutes les bonnes épiceries, pendant que Robert Gilet se fait cracher dans la face par le Québec en entier pour avoir osé fourrer et osé désirer fourrer des petites putes de moins de 18 ans.

Une pierre deux coups
Le Journal de Québec vient de prouver à ses lecteurs, et de confirmer du même coup à ses détracteurs, qu’il est un ostie de torche-cul digne de ce nom. Un petit clic vers le blogue de Martin Bélanger pour lire l’entrefilet du journaliste inconnu (le quotidien étant toujours en lock-out, tous les articles sont signés “Le Journal”) titré “Les jeunes en arrachent en français”, minuscule article de moins d’une quinzaine de lignes ne contenant pas deux, ni trois, mais bien quatre fautes au total.
Et puisque les universitaires maîtrisent la langue française formidablement -il faut, semble-t-il, avoir étudié le journalisme à l’université pour en être officiellement un- le ministère de l’Éducation proposait, en juin dernier, d’arrêter d’enseigner le français dès le collégial, en ne comptabilisant plus systématiquement les fautes d’orthographe, de syntaxe et de ponctuation dans la correction de l’épreuve uniforme de français, dont la réussite est actuellement obligatoire pour l’obtention du DEC.
Mais c’est pas déprimant pantoute.
… et ce n’est qu’un début
Ce matin dans Le Devoir, la critique du spectacle d’ouverture des célébrations du 400e anniversaire de Québec portait un titre non seulement assassin, mais prévisible; c’est un titre que l’on aurait pu deviner il y a longtemps déjà, au moins dès le lancement de la programmation des événements de Québec 2008 : “un ratage historique”.
On apprend dans cet article que le soir du 31 décembre, un gros tas de 50 000 suiveux étaient au rendez-vous pour voir Véronique Cloutier, Marie Plourde et Pierre Lapointe, entre autres personnalités dont on se crisse, se trouver complètement beaux et dire «Bonne fête Québec!» sur un écran géant, ainsi que pour assister live à un minuscule show de 45 minutes tellement archi-poche que ça en est scandaleux, et pour s’extasier devant un clou de spectacle constitué de seulement 3 feux d’artifices réussis au grand total. Et tout ce trouble, ce chiare de marde -il fallait utiliser le transport en commun le soir du 31 décembre pour comprendre ce qu’il est entendu ici par “chiare de marde”, et par le fait même, pour entrevoir la motivation sans borne des milliers de fêtards qui ont attendu l’autobus pendant 2 heures sur le coin de la rue- pour un événement totalement ridicule d’une durée incroyable de même pas trois quart d’heure un soir de réveillon du nouvel an à -20 degrés sans le facteur éolien. On a toujours su que le monde était con, mais rendu là, ça surprend encore.
C’était pourtant écrit dans le ciel, et j’aurais personnellement gagé sans crainte mon plein tiroir de bobettes que le ciel ne se trompait pas, que le spectacle, un spectacle qui en passant n’a ruiné seulement que 3 millions de dollars des fonds publics, allait être d’une platitude incomparable, pour ne pas dire d’un ennui mortel, si ce n’est pas pire encore. Il fallait, quoi qu’il en soit, être grayé d’un ostie de sens de la fête intensément profond pour s’en aller joindre ce troupeau de sérieux losers entassés comme des épais à la petite place d’Youville en cette soirée de 31 décembre, d’autant plus que le show était diffusé le lendemain à la télévision de Radio-Canada, pour celles et ceux qui tenaient absolument à être témoins de ce fiasco tant attendu.
Par ailleurs, comme si tout ce beau monde réunis ensemble ne faisait pas suffisamment office de ce que l’on pourrait appeler le “dindon de la monumentale farce de 2008″ en ce début des grandes festivités annoncées et vantées depuis on ne sait plus quand, sur le blogue officiel de la Société du 400e, on fait un retour complètement déconnecté sur l’événement, en commençant par donner un titre surréel à l’article : «Un coup d’envoi éblouissant», et en allant même jusqu’à dire “qu’après des mois d’anticipation, le Coup d’envoi des célébrations du 400e anniversaire de Québec a été donné de manière grandiose.” Et l’insulte se poursuit sans plus de gêne dans des déclarations de M. Jean Leclerc, président du conseil d’administration de la Société du 400e anniversaire de Québec : «C’est merveilleux de voir la réponse du public à ce dont nous rêvons depuis des années ». Et « ce n’est qu’un début…», ose-t-il ajouter. Après un tel élan d’arrogance, il aurait placé à travers son bullshittage un énoncé du genre “ostie de déficients profonds qui s’y donnent à coeur joie dans des célébrations minables pour gros épais sans génie” que personne n’aurait été surpris d’autant de vulgarité -et de condescendance.
Rappelons que Le Devoir, le même quotidien qui est totalement ébloui par les spectacles de Pierre Lapointe – lequel a été couvert d’éloges par cette même publication suite à sa performance avec l’orchestre métropolitain-, de Marie-Élaine Thibert et du Festival d’été de Québec, notamment, un quotidien plutôt gentil et assez indulgent en général envers le milieu artistique et culturel de niveau radio-canadien et toutes ses équivalences, disons-le, y va dans sa critique non seulement d’un titre meurtrier, “un ratage historique”, mais d’un article complètement destructeur à l’égard de ce fameux spectacle d’ouverture, et ce, jusqu’à la fin du texte, sans une seule parcelle positive au passage. Nos amis du Devoir vont même jusqu’à publier dans leur saintes pages assez pleines de complaisance envers tout le monde que “le lendemain du grand décompte, dans les rues de Québec comme sur les blogues, les gens affichaient une sorte d’incompréhension teintée de honte.” Dans une telle perspective, il faut n’être que schizophrène -ou menteur, ou imbécile- pour qualifier publiquement son propre échec d’”éblouissant” et de “grandiose”.
Enfin bref, ostie qu’on a hâte de voir les 8 modèles de belles cartes postales qu’on va pouvoir vendre aux touristes dans les boutiques souvenirs de la rue St-Jean, pour seulement 28 fois le prix.

Du front tout le tour de la tête
Dans sa chronique du jeudi 20 décembre intitulée “Sacrez-nous la paix”, Richard Martineau nous fait une très grande révélation, une révélation digne de mention :
Il y a une toune que j’écoute souvent, ces temps-ci. C’est une vieille chanson de Jacques Dutronc, qui s’intitule Fais pas ci, fais pas ça. Je trouve les paroles très actuelles: «Fais pas ci, fais pas ça/Viens ici, mets-toi là/Attention, prends pas froid/Ou sinon, gare à toi/Mets pas tes doigts dans le nez/Qu’est-ce que t’as renversé/Mange pas tes ongles, vilain/Va te laver les mains/Dis bonjour, dis bonsoir/ Ne cours pas dans le couloir…»
Cette toune, j’ai les orteils qui retroussent chaque fois que je l’entends.
Car comme Dutronc, j’en ai ras le bol des donneurs de leçons et des gens qui veulent notre bien. Ça me sort par les oreilles.
Incroyable mais vrai : Martineau, le donneur de leçons le plus assidû et le plus hystérique du Québec en entier en a « ras le bol des donneurs de leçons». Si ça continue de même, les Têtes à claques vont finir par déposer une plainte contre les humoristes qui ne font pas rire, Céline Dion va chialer contre les chanteuses qui se marient avec leur gérant, Lise Payette va dénoncer la bêtise des féministes enragées et les femmes voilées seront les bienvenues à Érouleville.
Si l’article du bon vieux Richard était intéressant, vous auriez pu aller le lire directement ici, ou encore, selon vos préférences, cliquer sur le lien ajouté par Richard lui-même dans un de ses articles de blog Canoë vers sa propre chronique publiée le jour même dans le Journal de Montréal. (La prochaine étape, il se cite lui-même lors de sa prochaine entrevue avec Guy A. Lepage à Tout le monde en parle.)
Si vous préférez plutôt rire des niaiseries de Martineau, jetez un oeil à la sympatique parodie qu’en a fait un blogueur, ici.
En terminant, bonne année !
Un peu d’espoir
Nous apprenions ce matin que la chaîne de télévision TQS était menacée de faillite.
C’est quasiment dommage, on commençait à se faire à l’idée qu’il y a vraiment du monde qui écoutent de leur plein gré et surtout assidûment La roue de fortune, Rire et délire et L’avocat du diable.
Et même, pour une sixième saison, 450 chemin du Golf.

Le roi de tous les cons
En entrevue ce matin à l’émission matinale de Christiane Charette diffusée sur la Première Chaîne de Radio-Canada : l’ancien premier ministre du Canada et chef du Parti Libéral, Jean Chrétien.
Une entrevue de 39 minutes 39 secondes totalement mais totalement plate, où il est question d’à peu près rien d’intéressant, ni du scandale des commandites, ni de toutes les affaires louches dans lesquelles le clown de tous les clowns du cirque politique aurait supposément trempé. Bref, que de complaisance, de flattage, d’entrelichage et de blabla inutile; quadruple bravo à Christiane Charette pour cette magnifique performance au jeu de celui qui a la tête dans le cul le plus profondément possible.
En prime, l’entrevue est l’occasion pour nous, pauvre petit monde ordinaire qui n’avons rien de mieux à faire en ce beau lundi matin que d’écouter l’innocent à Chrétien radoter des conneries, d’apprendre qu’exercer les fonctions de premier ministre du Canada, aussi sans génie puisse être l’heureux élu en question, permet une retraite financièrement très confortable. Car, bien qu’on s’en câlisse solidement, Jean Chrétien raconte, lors de son échange avec Christiane Charette, qu’il a pilé tellement d’argent dans son compte de banque au cours de sa carrière en politique que depuis qu’il a rendu son tablier, il est loin de vivre en pauvre et que c’est ainsi «qu’en 40 mois de retraite, il a eu l’occasion de visiter plus de 35 pays». Ce qui au total fait quand même pas mal de pays, et nous laisse vaguement imaginer le cash qu’il a dans ses poches, quand on sait que de nos jours, voyager en première classe et loger dans les hôtels de luxe est un loisir honnête que tous les portefeuilles moyens peuvent se permettre. Bref, cet homme fut quand même, ne l’oublions pas, un très bon, brave, honorable et même remarquable premier ministre du Canada du 4 novembre 1993 au 12 décembre 2003, ce qui justifie tout à fait une vie de riche et pourquoi pas de millionnaire.
Par ailleurs, l’entrevue est également une confirmation de nos doutes quant aux qualités intellectuelles de notre ancien premier ministre. Rusé, fin observateur, astucieux ; c’est en toute franchise qu’il avoue à madame Charette «qu’il a compris très vite que lorsqu’on est sous-estimé, la moindre bonne performance te fait paraître très bien.» Une remarque comme qu’on dirait très bien vue pour un gros cave comme Chrétien. Ceci pour dire que ce n’est pas sa biographie qu’il aurait dû publier cet automne et autographier au Salon du livre ce week-end, mais plutôt un guide explicatif sur ce que pourrait être l’attitude parfaite du parfait loser. M’enfin, sa biographie peut aussi être l’occasion d’un tel projet.
L’entretien de Christiane Charette avec Jean Chrétien est entièrement disponible sur le site de Radio-Canada, ici. Ceci étant dit, la capsule n’a d’intérêt que pour les multiples imbécilités que Chrétien ne cesse de lancer du début à la fin de l’échange. Une entrevue mémorable avec un personnage digne de la plus grossière caricature… laquelle serait aussi une reproduction parfaite de la réalité dans ses moindres détails. Trouvez l’erreur.
En voici quelques extraits, totalement hors de leurs contextes mais qu’importe, pour ceux qui auront la décence de ne pas cliquer sur le lien.
«Avec les preuves sur les armes de destruction massive des Américains, j’aurais pas réussi à convaincre le juge de la cour municipale de Shawinigan.»
«En politique, il faut avoir sa propre couleur. Mais il ne faut pas se prendre trop au sérieux.»
Au sujet de sa relation avec George W. Bush : «On se voyait. On se disait qu’on était d’accord ou pas d’accord sur le sujet du jour, puis on parlait de baseball.»
