L’imposture ordinaire

Il faut remarquer qu’elle est partout, tout le temps : sur le web, dans les journaux, dans les librairies, dans tous les cinémas près de chez vous, à la radio, dans la poitrine de Nelly Arcan, dans la décoration des restaurants à la mode, dans la musique plate des discothèques, dans les films pornos, au dépanneur du coin, dans le cinéma de répertoire, dans la grande littérature, dans les musées, dans les casinos, dans les bijoux fabriqués en industrie, dans le discours des gens bien élevés, dans le nom de famille de Rafaële Germain, au palais de justice et dans le trou de cul des avocats, dans les publicités de cosmétiques avec Scarlett Johansson, dans la bouteille de tequila, dans vos running shoes, dans le pouvoir en général, dans les téléromans avec Guillaume Lemay-Thivierge, dans le bulletin de nouvelles, dans la popularité des chanteuses américaines, dans la science, dans les églises, dans l’économie, dans la politique, dans votre cercle d’amis, dans les lois anti-tabac, dans la personne de Patrick Huard, à l’université, dans tous les milieux artistiques et intellectuels, dans la bullshitt de Christiane Charette, dans le sexisme de Denise Bombardier, dans les systèmes philosophiques, dans les communautés religieuses, dans ce que l’histoire a retenu et dans ce qu’elle a oublié, dans le surréalisme et la poésie, dans la jolie jeune fille qui montre beaucoup de sa peau mais qui s’indigne quand on la regarde trop longtemps, dans votre père et votre mère, dans la danse contemporaine, dans le clin d’oeil du gars au bar, dans les abonnements au gym, dans le G-string de la fille aux jeans Parasuco à 150$, dans les boutiques gothiques, dans tout le jeu de la séduction, dans le modèle du couple, dans le sourire forcé de la barmaid, dans le féminisme, dans le “t’es belle” du gars qui veut juste fourrer, dans le “fuck you” de la fille qui veut pas fourrer, dans la comédie des guidounes qui dansent comme dans les vidéoclips de hiphop et qui frenchent avec la langue en vous faisant miroiter ce qui n’aura jamais lieu, dans le blowjob de la prostitué qui se justifie par une transaction, dans l’ostie de CD plate que vous avez reçu pour votre anniversaire, dans le pain tranché aux 32 céréales, dans les coupes de cheveux des grands salons branchés, dans votre sonnerie de cellulaire, dans Windows Vista, dans la journée qui commence à 9h00 et se termine à 17h00, dans le “je t’aime” que vous dites parfois et celui que vous ne dites pas, dans les bonne manières, dans votre bibliothèque, dans votre char, dans votre panier de linge sale, etc.

15 avril 2008. All about crossage. 2 commentaires.

Se fermer la gueule ou s’en torcher

Aux lecteurs indignés

« Nous voulons les droits de l’Homme, pas les Jeux Olympiques », avait écrit un militant chinois, dans une lettre ouverte qui a circulée dans Internet il n’y a pas si longtemps. Cet ostie de freak de 52 ans du nom de Yang Chunlin, pour avoir tenu des paroles aussi profondément diaboliques, et du coup pour l’énormité que représente le geste de « dire sans aucune retenue », a été condamné hier, journée où l’on a également allumé à Olympie en Grèce la fameuse flamme des Jeux, à 5 années de prison pour « subversion ». À 5 années de grosse ostie de prison chinoise sale, pour avoir osé « dire », et cela sans passer par quatre chemins.

L’acte de « dire », de toute évidence, en est un plein de danger. Vous pouvez, par la dénonciation de choses, ou simplement par l’acte de l’expression, vous mettre dans le trouble, peu importe que vous exprimiez ce que vous pensez ou non, votre opinion ou une des opinions possibles -celle d’un personnage à qui vous donneriez la parole, par exemple. Autant de témérité pourrait vous valoir toute sorte d’ennuis, de reproches, de problèmes. Un tas d’embarras que vous souhaitez certainement éviter, parce que vous avez mieux à faire que de vous débattre comme un diable dans l’eau bénite -l’image est ici parfaite. Vous souhaitez les éviter aussi, parce que, quand bien même vous leur feriez face, ça ne changerait absolument rien, sinon que de vous attirer un ostie de gros char de marde, pouvant se présenter sous forme de lettres d’injures, ou de poursuites judiciaires à n’en plus finir, entre autres. On a compris que l’ouverture d’esprit est une sorte de mythe : c’est qu’il y a des choses qui ne se disent tout simplement pas, et une manière de dire les choses qui reste, dans tous les cas, inacceptable.

Les militants chinois se retrouvent en prison quand ils dénoncent les absurdités de leur gouvernement. À côté d’eux, les blogueurs québécois sont chanceux, ils peuvent quasiment dire tout ce qu’ils veulent, pourvu qu’ils s’expriment poliment, respectueusement. Quand même, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes s’ils ne se retrouvaient pas contraints, je parle des québécois qui écrivent sur l’Internet ou dans les journaux, par la manière dont ils doivent écrire. Le discours du québécois doit se faire dans le confort et la douceur, les mots doivent être beaux, agréables, plein de gentillesse -et du coup, bien souvent, plein d’hypocrisie. Pas trop loin de ce dont nous avons l’habitude; toujours le confort, la cordialité, la modération. La radicalité, c’est comme un coup de marteau en plein front, ça fesse. La violence dans l’expression des idées n’a pas exactement sa place, même si elle est bien utilisée, et en toute légitimité, elle n’est généralement pas la bienvenue, bien que les agressions, par exemple par la culture poche, sont partout permises, pour tout le monde, tout le temps : à l’épicerie Marie-Élaine Thibert, dans l’ascenseur Marie-Élaine Thibert, à la pharmacie Marie-Élaine Thibert, dans l’autobus Marie-Élaine Thibert, chez le dentiste Marie-Élaine Thibert, dans votre boîte aux lettres Marie-Élaine Thibert. Pourtant, vous ne pouvez pas réagir adéquatement à toute cette violence en écrivant en couverture d’un journal ou d’une revue, par exemple, “Fuck you crisse d’ostie de Marie-Élaine Thibert à marde”, parce qu’il se pourrait qu’on vous poursuive et que vous perdiez tout : votre job, votre maison, vos amis, votre famille, votre chat, votre chien, votre perruche et l’ensemble de vos bobettes sales. Bref, ça se pourrait qu’on vous ferme la gueule, bien que son câlisse de disque plate à cette ostie de chanteuse poche tourne en boucle sur toutes les radios qui meublent le silence de tous les lieux publics sans exception, ne vous en déplaise. Et qu’à la longue, l’imposition d’autant de médiocrité culturelle devient un véritable harcèlement. Et qu’au bout du compte, à force d’entendre le refrain de son plus grand succès, ça réveille des forces obscures qui dormaient au plus profond de nos entrailles, d’autant plus qu’on connait tous cette putain de chanteuse plate et les grands succès qu’elle interprète avec tant d’émotions, malgré qu’on n’ait jamais, au grand jamais demandé à les entendre. Or, c’est répugnant à un point tel que ça donne envie de vomir pis de chier en même temps, sauf que le double malaise est comme pogné dans un buzz, vu l’impossibilité d’agir d’une quelconque manière. Bref, le malaise est condamné à en rester là, au stade de l’écoeurement perpétuel, en d’autres mots, de la torture en bonne et due forme. Delà, qu’importe si, quand vous tentez de regarder le monde sous un certain angle, et de le commenter dans une certaine perspective, une perspective qui assassine les idées reçues à coup de mitraillette, une perspective qui frappe dans la culture poche et envahissante à coup de hache, et qui refuse un peu tout à la fois, on vous garoche par la tête des lettres d’insultes, de menaces, et des commentaires qui appellent à « votre vie qui doit être plate », et à la « pitié sincère » que vous inspirez. La petite indignation à deux cennes, pis la grande indignation à cent piasses, quand on est pu capable’ de se faire imposer incessamment Marie-Élaine Thibert, on s’en torche complètement.

Contredire l’opinion publique par des répliques féroces, braver la cohésion sociale en rejetant tout ce qui fait son uniformité, chier sans peser ses mots sur la moutonnerie qui nous caractérise si bien, revient donc à s’exclure soi-même du reste du monde. Soyons lucides, et francs : la violence avec laquelle on écrase la marginalité aura ultimement raison de nous, ça a toujours été. Ainsi, la meilleure chose à faire, quoi qu’il en soit, est de se fermer la gueule le plus possible, à moins de se vautrer dans les lieux communs, et de répéter en boucle la même crisse d’affaire que les autres radotent, et de se trouver beaux pis smaths tous en coeur. Sinon, on peut toujours être créatifs, et avant-gardistes dans une certaine mesure, mais soyons prudents : il faut faire attention à ce que l’on crée, à ce que l’on exprime par la création. Comme on disait précédemment, il faut surveiller son langage, et le ton sur lequel on parle. En général, il est même plutôt conseillé de choisir la « valeur sûre » : parler de la pluie et du beau temps, avec les plus beaux mots du dictionnaire seulement. Mettre des majuscules au début de chaque phrase, des virgules là où c’est nécessaire, corriger ses fautes, user de vocabulaire et de poésie, et, chose importante, se servir à l’occasion d’un humour propre et politiquement correct pour ne pas ennuyer, froisser, ni surtout pas indigner ses lecteurs. Écrire bien, convenablement, correctement, comme on fait de la mécanique, en éludant tout le pouvoir que renferme cette machine qu’est l’écriture. Mieux vaut ignorer l’éléphant qui est dans la pièce, et plutôt bavarder de la température et des fantastiques performances de nos athlètes canadiens aux Jeux Olympiques d’été de Pékin. Ou encore, se torcher avec tout ce qui vient d’être dit, et écrire avec le plus de violence et le moins de retenue possible.

 

26 mars 2008. All about crossage. 5 commentaires.

Radio torche-marde

La Première Chaîne de Radio-Canada est plate, ennuyante, prétentieuse, inintéressante, péteuse, emmerdante, etc. On le sait entre autres depuis que Christiane Charette anime la plus dull de toutes les émissions de radio de la radiophonie au grand complet, non pas une fois par semaine, mais tous les jours du lundi au vendredi, dès 9h00. Et ça dure quand même un gros deux heures et trente minutes. Et c’est reparti tous les jours à 22h pour exactement le même deux heures et trente minutes déjà diffusé le matin, pour celles et ceux qui ont manqué, ou encore, pour les masochistes qui voudraient réécouter -et il y en a, semble-t-il. Bref, c’est une radio archiplate qu’il est toujours préférable de ne jamais syntoniser quelles que soient les circonstances. À côté de ce ramassis de marde, de lichage de cul, de musique poche et de bavardage inutile, le silence est un bonheur qu’il ne faudrait surtout, surtout pas sous-estimer.

Pourtant, nos braves amis du quotidien Le Devoir, quotidien qui ne se gêne pas pour s’autoproclamer “libre et indépendant” et “au service d’aucune idéologie ni d’aucun parti politique”, et que “c’est librement qu’il s’engage à défendre les idées et les causes qui assureront l’avancement politique, économique, culturel et social de la société québécoise”, bref, nos valeureux amis du Devoir disais-je, nous renvoient constamment à des émissions de la Première Chaîne dans des publicités subtiles qui nous suggèrent de ne pas rater telle ou telle entrevue dull, à telle heure, tel jour, etc. Ainsi, cette semaine Le Devoir nous suggère dans un article de sa section “société” de ne pas manquer, dans le cadre de l’émission “L’Autre midi à la table d’à côté” présentée sur la Première-Chaîne évidemment, un entretien entre deux grandes écrivaines et figures de la scène artistico-culturelle de notre beau Québec générateur d’ostie de cochonneries de marde : Marie-Sissi Labrèche et Jeanette Bertrand. Marie-Sissi, romancière, responsable du navet Borderline et journaliste aux magazines pour débiles mentaux Filles Clin d’oeil, Clin d’oeil et d’autres affaires plates du genre, et Jeanette, qui n’a plus tellement besoin de présentation si ce n’est qu’elle est “la” personne âgée du paysage télévisuel québécois, et même “la femme du siècle”, depuis que le Salon de la Femme de 1990 l’a proclamée ainsi. Et sur le site de Radio-Canada, cette émission figure dans le répertoire de la “radio en profondeur“.

Ce qui est surprenant dans toute cette histoire, c’est que jamais au grand jamais on aurait osé imaginer qu’une rencontre au sommet entre le top de la quétainerie et le comble du mantantisme pouvait laisser émerger des affaires tellement profondes qu’on croirait bon de nous informer de ladite rencontre au moins trois jours à l’avance. Pour ceux que ça intéresse, et de grâce restez dans l’ombre, l’émission en question sera diffusée samedi le 1er mars.

28 février 2008. All about crossage. 13 commentaires.

Petit manifeste pour un Noël fun fun fun

Afin de bien réussir son party de Noël, que ce soit en tant qu’hôte ou en tant qu’invité, il est nécessaire d’observer quelques règles de base bien simples. D’une part, en tant qu’hôte, il est conseillé d’acheter ses cochonneries à l’avance, de prévoir le manger qu’on va servir et idéalement de le cuisiner soi-même parce que des pâtés achetés, c’est pas tellement vargeux, de mettre la table dans les règles de l’art, de faire le ménage de la maison pour ne pas montrer à nos proches que nous aimons vivre dans le bordel et la crasse; il faut faire bonne impression et éviter à tout prix les situations malaisantes. Après tout, nous ne nous réunissons pas vraiment pour parler des «vraies affaires». D’autre part, en tant qu’invité, il est généralement impoli d’être le premier à se servir dans les hors d’oeuvres, il est plutôt recommandé de consommer l’alcool modérément, de ne pas montrer votre craque de boules car cela pourrait gêner votre cousin Louis, de ne pas roter à table, ni cracher par terre ou faire des jokes de nègres, de ne pas choisir ce moment pour annoncer qu’on a fourré sans capote avec le meilleur ami du chum, etc. Bref, à Noël, et ceci vaut pour toute la chiure d’événements qui parsèment le calendrier, les règles de bienséance ne manquent pas de nous bullshitter d’obligations insignifiantes qui ne font que rendre la vie plate, prévisible, ennuyante, mais surtout très plate. Soyons francs : les party les plus hot sont ceux qui ne sont encadrés par aucune règle de convenance, par aucune restriction ; les party les plus fun sont ceux où personne ne se doit d’avoir un minimum de retenu mais plutôt un maximum de relâchement, de spontanéité et de je-m’en-foute-tu-ostie-de-tabarn. Au y’âble l’étiquette donc, cette connerie qui fait de nous de pauvres imbéciles qui ne s’attardent qu’aux détails sans importance et qui, en fin de compte, ne savent plus s’amuser, et par tous les moyens, ayons du fun, du gros fun sale. Mangeons exagérément trop, de sucre, de gras, de sel, buvons comme des osties d’ivrognes, abordons des sujets tabous et faisons des références directes à la sodomie devant les enfants, dansons sur les tables et cassons nos verres à vin s’il le faut, déchirons notre linge si ça nous tente, chantons comme des caves sur de la musique poche, salissons le tapis en masse, partageons les joints, les pailles et les seringues si drogue il doit y avoir, envoyons-nous en l’air avec notre cousin Louis et frenchons avec notre cousine Sandra en même temps, plus on est de fous plus on rit, et surtout, surtout, n’oublions pas d’avoir un ostie de mal de tête le lendemain, parce que c’est quasiment l’unique symptôme type d’une fête véritablement réussie.

Ceci étant dit, je vous souhaite un joyeux joyeux et très fun Noël cher amis, et beaucoup de temps libre, de grasses matinées et de déjeuner-crêpes pour celles et ceux qui profitent avec joie de quelques jours de congé!

24 décembre 2007. All about crossage. 4 commentaires.

Un fist en caoutchouc, mais pas un bike

Éprouver un désir quelconque pour une chose qu’il n’est pas commun de désirer est un signe de maladie mentale, de délinquance plus précisément. En ces temps de mondialisation, où on hoche tous la tête sur les mêmes MP3 dans les mêmes Ipod à Bangkok comme à Guadalajara, et où on bouffe les mêmes osties de patates frites dans un gras trans assez semblable à Marrakech comme sur la rue St-Jean, il faut être mais surtout paraître comme tout le monde, et ce, dans la ressemblance comme dans la différence. Ainsi, il faut avoir les cheveux mauves pour être un vrai punk, porter du linge en PVC pour être un vrai adepte du S&M, sentir le swing en masse pour être un vrai hippie, démontrer ouvertement sa gaiétude pour être un vrai gai, vivre de l’aide sociale pour être un vrai loser, etc. Même ceux qui revendiquent le plus leur différence s’assemblent et se conforment à des règles précises, les mêmes que les autres twits du reste leur gang de suiveux. Très rares sont ceux qui, bien qu’ils le prétendent pourtant, vivent de marginalité et d’eau fraîche -à ce sujet, il faut voir le plus ridicule de tous les écriteaux, affiché à l’entrée de la boutique Cruella, très populaire et réputée boutique gothique du Plateau Mont-Royal. Ledit écriteau y va d’une prescription totalement hilarante : «La conformité est la mort de l’âme», écrite jusqu’en lettres majuscules sur le site internet du commerce, site sur lequel on peut se commander des guenilles de vampires se détaillant à plus de 400 piasses le morceau, une grosse farce monumentale. Le précepte fait carrément de ses adeptes des zombies, considérant que la boutique en question suggère un style de vie -qui s’étend bien au-delà du choix des vêtements- bien précis, dans lequel tous les goths et ses wannabes se vautrent (et se conforment donc!) dans un souci du détail extraordinaire, ce qui consiste en une remarquable leçon d’acrobatie en matière de conformisme.

Or, nous disions, il faut, pour être en santé, faire comme les autres, faire comme tout le monde, s’entre-imiter, se fondre dans une quelconque masse de tarlas plus ou moins nombreux, s’assimiler à quelque chose qui existe déjà, appartenir à un certain groupe et en épouser les caractéristiques. Tout, pourvu que l’on ne se retrouve pas seul avec notre balle dans notre camp, car il pourrait être vu en ceci un grave symptôme d’une probable araignée au plafond, la santé se trouvant nécessairement du côté du nombre et malheureusement pour les excentriques, pas ailleurs. Une vie saine est une vie vécue normalement dans tout ce que la normalité évoque, c’est-à-dire une série de contraintes qu’on nous apprend à accepter comme étant les conditions de base d’une vie heureuse, bien que le nombre de dépressifs et de suicidés chez le petit monde ordinaire dans ce qu’il a de plus normal ne cesse de se tétra-décupler d’années en années -tellement que d’ici 2020, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la dépression, le mal-être du 21e siècle, deviendra la deuxième cause d’invalidité dans le monde, juste après les maladies cardiovasculaires… mais vraiment, who cares. Être comme tout le monde est ce qu’il faut franchement se souhaiter, c’est l’unique synonyme de la réussite et du bonheur, les osties de freaks qui s’entêtent à être vraiment différents des autres, différents de tous les autres, ne font que prendre la route d’un échec assuré. Prenons par exemple le cas de ceux qui ont des amis imaginaires, de ceux qui ont envie de se crosser 14 fois par jour et qui y consentent allègrement, de ceux qui mangent leur marde ou qui aiment se stranguler en se regardant dans le miroir, de ceux qui trippent à s’insérer de petits insectes dans les orifices ou qui jouissent de se montrer les couilles en public : ils sont communément perçus comme étant de graves nuisances pour le bon fonctionnement de la société, ce sont quasiment des dangers public, en ce sens qu’ils sont malades et que la maladie est une tare vicieuse dont il faut se protéger, c’est une honte qu’il faut enrayer, à la limite, punir. Ceux-là, ceux qui présentent des comportements problématiques dans ce que la plupart des gens ne s’y reconnaissent pas une seconde, il faut les empêcher d’exercer leur différence, parce que s’il est permis d’être différent, dans notre beau monde moderne et évolué, il est permis de l’être juste assez, pas trop.

Ceci pour dire qu’en Écosse, au cours des dernier mois, un homme a été arrêté par les autorités, surpris en flangrant délit par un membre du personnel de l’hôtel où il logeait; l’homme était en train de ne pas faire de bruit, de ne pas déranger personne, tout en se crossant vigoureusement le shaft sur, et avec l’aide de, son propre vélo de montagne. Il a été arrêté et reconnu coupable de «pratique offensante», a dû payer une amende et figurera, pour les trois prochaines années de sa vie, dans le registre des délinquants sexuels de son pays*. Bien qu’elle soit quand même sortie de nulle part, et probablement peu originale parce que semblable à des centaines d’autres, cette anecdote me vaudra, si vous me le permettez, une petite mise au point de circonstances : un fist en caoutchouc est un jouet sexuel admis, vous pouvez le magasiner dans l’un des sex shops des Galeries de la Capitale, le ramener chez vous, le montrer à vos amies, vous l’enfoncer dans le cul assez profondément pour qu’il y reste tout à fait coincé, subir une intervention chirurgicale d’urgence pour l’en déprendre et vous faire recoudre au passage les multiples déchirures anales qui résulteront de ce mauvais quart d’heure, et ainsi repartir chez vous le soir même sans aucune autre recommandation que de «faire attention la prochaine fois». Vous pourrez même, si le coeur vous en dit, recommencer le processus un nombre infini de fois. À l’heure actuelle, au Canada comme en Écosse, les pratiques sodomites et ce qui s’y rapporte sont de plus en plus répandues, et donc socialement acceptées, convenues et légales; pas les relations bicyclo-sexuelles qui demeurent, pour l’instant du moins, plutôt insolites. Non seulement vouloir fourrer avec son bike relève d’un désir anormal, mais de passer à l’acte n’est pas sans porter de lourdes conséquences : imaginez si la bicyclette décidait de porter plainte.

*Source : L’actualité.

11 décembre 2007. All about crossage. Laisser un commentaire.

Bientôt le temps d’une dinde dinde dinde…

Les quatorzes disques de la grosse Ginette Reno qui «chante Noël» jouent dans les magasins depuis maintenant quelques semaines, le monde ont accroché leurs sets de lumières de couleurs dans leurs fenêtres, ont mis leurs bonhommes de neige en plastique sur le perron et les plus freaks ont même déjà décoré leur sapin artificiel avec des boules, des guirlandes pis de la fausse neige. À la télévision de Radio-Canada, les émissions de bricolage pour les mères de famille à la maison ont commencé à exploiter la thématique de «la magie des Fêtes», si bien que nous avons droit à de judicieux conseils de spécialistes dans des émissions sur « Comment bien mettre la table pour un réveillon réussi» et «Préparez votre album photo de Noël en scrapbookant pour 350$ de stuff seulement». Même Ricardo, la star de la gastronomie radio-canadienne, est dans son trip du temps des Fêtes et est déjà parti dans ses suggestions de menus pour un Noël différent, moins traditionnel et plus tendance dans le style matante actuel, et propose entre autres des sushis pour le réveillon. D’ici quelques semaines, les files d’attente seront trois fois plus longues à l’épicerie, à la SAQ et partout où les choses se vendent et s’achètent, et le stationnement de Place Laurier sera douze fois plus plein que de coutume non seulement la fin de semaine mais carrément en tout temps. Sortir de chez soi deviendra plutôt compliqué et même presque dangereux à la limite; l’esprit des Fêtes se fera de plus en plus envahissant, c’est-à-dire que les gens seront absorbés par ce délire commun de consommation de «cadeaux» et de provisions pour les mille et uns party à venir, et qu’ils deviendront angoissés de ne pas tout trouver à temps, préoccupés par tout l’argent qu’ils dépenseront sans calculer vraiment, impatients d’avoir à attendre partout où ils vont, agressifs de côtoyer autant de monde sur les nerfs, et ainsi de suite. Dans certaines boutiques, l’esprit des Fêtes se manifestera concrètement, et ils se produira des événements spectaculaires mettant en vedette des consommateurs fous qui se regarderont croche, qui s’enverront chier manger de la marde, qui se bousculeront dans les allées et se disputeront la dernière cochonnerie très à la mode que tout le monde voudra cette année seulement, et dont il ne restera plus nulle part toujours cette année seulement, parce que l’an prochain, on ne saura plus quoi en faire tellement plus personne n’en voudra, évidemment. D’ici quelques semaines donc, ce sera le temps de dépenser tout l’argent que nous n’avons pas pour acheter des guenilles trop chères dont personne n’a réellement besoin, ni réellement envie. (Selon un sondage Ipsos Reid, 71% des québécois interrogés cette année ont répondus qu’ils n’avaient pas besoin de cadeaux pour Noël et que tous leurs besoins étaient comblés.) Bref, à Noël, on achète, et on achète quoi qu’il en soit, c’est de même pis c’est toute, et c’est pareil qu’on fait chaque année, même ceux qui chialent et s’en plaignent ouvertement finissent par faire comme tout le monde anyway; c’est traditionnel, ça va de soi, ce n’est pas discutable. De toute façon, les quelques rares qui oseront se refuser à la tradition noëlesque dans son ensemble seront communément perçus comme étant plates, grincheux, rabat-joie et profondément sans-coeur. Parce qu’à Noël, il ne faut pas se leurrer, les présents servent à exprimer l’amitié, la tendresse et l’amour, de beaux sentiments nobles qui ne se témoignent qu’avec des affaires qui s’achètent et qui brillent, qui s’achètent et qui sentent, qui s’achètent et qui goûtent, qui s’achètent et qui saoûlent, etc. Ainsi, et la situation se reproduit ponctuellement et dans ses moindres détails chaque année, c’est un devoir, et presque une obligation morale, de participer et de s’impliquer dans ce temps des festivités et des réjouissances, et de ni plus ni moins célébrer la surconsommation dans sa forme la plus intense, sans quoi on est catégorisé comme étant crissement cheap.

Selon le sondage dévoilé en conférence de presse la semaine dernière par le conseil québécois du commerce au détail (CQCD), cette année, 81% des québécois dépenseront autant et même plus que l’an dernier pour leurs achats du temps des Fêtes. La dépense moyenne des ménages québécois s’établirait cette année à 681$. Excluant le secteur automobile, le CQCD es­ti­me que les dé­pen­ses de consom­ma­tion ­pour la pé­rio­de des Fê­tes to­ta­li­se­ront ­plus de 2,25 ­milliards $ au Qué­bec seulement. Selon une seconde enquête menée par la firme Maritz Research et commandée par Visa Canada à pareille date l’an dernier, 22 millions de Canadiens comptaient dépenser en moyenne plus de 930$ en cadeaux de Noël. Pourtant, plus de 57% des répondants ont affirmé que le moment le plus agréable de la période des Fêtes n’était pas l’échange des cadeaux mais bien le temps passé avec les amis et la famille.

En 2006, 93% des québécois ont décoré un sapin de Noël dans leur salon. 60% d’entre eux ont opté pour le très écologique parce que réutilisable arbre artificiel.

C’est vraiment beau la magie des Fêtes.

27 novembre 2007. All about crossage. 4 commentaires.

Et encore plus de marde!

Le fait qu’ils existent n’est pas suffisant. Leur omniprésence à la radio commerciale, dans les 200 millions de publicités d’à peu près tous les médias écrits et sur tous les blogs les plus populaires (et cela dit, même sur les blogs que personne ne lit, voir image plus bas) de la province n’est pas assez. Les 152 000 cochonneries, les 230 000 patentes à gosses et les 500 000 objets promotionnels à leur effigie (nous parlons ici de vêtements, nourriture, articles scolaire, produits divers allant de la pâte à dent jusqu’au spray-net en passant par les téléphones sans-fil et la vaisselle, ou si vous préférez, n’importe quessé), bref, le fait qu’une ostie de gigantesque panoplie d’objets sans (ou avec) réelle utilité soit disponible dans tous les bons magasins de cossins et autres pharmacies ne font pas encore le bonheur de la population québécoise. Même la très exagérée couverture médiatique dont ils jouissent depuis quelques mois semble n’écoeurer à peu près personne. C’est d’une tristesse inouïe, c’est même quasiment lamentable, mais semblerait que le monde en veut plusse plusse, ou sinon qu’il s’en fera imposer encore plusse qu’il le veuille ou non, car dès le mois de décembre prochain, Radio-Canada, notre belle et très efficace société d’état, la même qui nous plogue gracieusement Tout le monde en parle le dimanche soir, La Fosse aux lionnes deux fois par jour, ainsi que La Fureur avec Marie-Chantale Toupin, Patrick Huard et plusieurs autres artisses qui ne servent à rien et qui ne savent pas chanter, présentera sur ses ondes, dès décembre donc, des capsules télévisées des Têtes à clasques. C’est-à-dire qu’il va y avoir une vraie de vraie émission sur la télévision de Radio-Canada qui diffusera, dès décembre, uniquement les clips des Têtes à clasques. Ça va s’appeler quelque chose comme : Les Têtes à clasques, à la TV. Pis savez-vous quoi, ça va être pareil comme les Têtes à clasques le site web, mais à la tv! Pareil pareil pareil parce qu’en plus, il ne s’agira pas de contenu original mais plutôt de la même même même ostie de putain d’affaire plate et crissement pas drôle qu’on peut voir sur internet depuis au moins trop longtemps, si ce n’est pas plus! N’est-ce pas formidable, surtout pour les centaines de milliards de québécois qui n’ont pas accès à internet?!

Mais ce n’est pas tout, et tenez-vous bien car le meilleur boute s’en vient, notre société d’état a aussi annoncé qu’elle s’était associée à l’entreprise MC2 Communications Média pour la réalisation d’un documentaire sur le phénomène des Têtes à clasques. Je répète, notre société d’état va produire un documentaire, absolument, un documentaire, c’est nécessaire voyez-vous, sur les Têtes à clasques. On ne sait pas encore combien de centaines de milliers de dollars coûtera ce fameux documentaire, mais bon, on espère moins de quelques-uns.

Quoi qu’il en soit, entre les deux, j’aurais personnellement préféré une étude version papier et même sans photo au pire sur la vie de Sébastien Benoît sur le Plateau Mont-Royal.

24 octobre 2007. All about crossage. 5 commentaires.

Un crosseur plus crosseur que les autres

Selon le très sérieux quotidien britannique The Guardian, l’ancien vice-président américain Al Gore, reconverti récemment en messager de la mauvaise nouvelle qu’est celle du réchauffement climatique et auteur du documentaire choc “An Inconvenient Truth” (lequel a d’ailleurs été oscarisé cette année, malgré toute la controverse au sujet de certaines de ses dénonciations reconnues par le milieu scientifique comme étant nettement exagérées et même parfois fausses), a personnellement consommé au cours de l’année 2006, 221 000 kWh d’électricité, ce qui correspond à vingt fois la moyenne nationale. Il paraît qu’en dépit de son combat pour la rescousse de notre belle planète Terre, le monsieur a une belle grande maison très bien éclairée au-dedans comme au dehors, qu’il passe beaucoup et longtemps la balayeuse et que son chauffe-eau pour piscine olympique consomme quand même pas mal d’énergie dans le fond.

Ceci étant dit, vendredi le 12 octobre dernier, ce même ex-vice-président américain s’est vu décerner, conjointement avec le GIEC (le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), le très glorieux prix Nobel de la paix, d’une valeur monétaire de 1,5 millions de dollars, bien que personne n’ait vraiment compris le rapport entre cette prestigieuse récompense et l’oeuvre du mec en général. Aux dernières nouvelles, le réchauffement climatique était une menace pour l’environnement… pas pour l’ordre internationale. Tant qu’à y être, on aurait pu lui remettre les Nobel de littérature, de chimie et de physique aussi, tsé, avec qu’un peu d’imagination, si on étend légèrement leur portée et si on force la note un petit chouia, on peut certainement trouver des liens quelque part entre le travail de Gore et ces grands champs de la connaissance, tsé genre. Parce que quand on se fend en quatre pour une cause noble comme celle de l’environnement, ça mérite d’être souligné et à coup de Nobel, esscuzé-pardon. Or, le monsieur est officiellement récipiendaire de cette grande distinction (quand bien même on se moquerait de la valeur du Nobel…), le sérieux de son rôle et toute la crédibilité que l’on attribue au personnage ne sont donc, aux yeux de la population en générale du moins, absolument pas à remettre en doute. Et cela dit, quand c’est rendu que les documentaires se ramassent en robes de soirées sur le tapis rouge des Oscar aux côtés de Beyoncé et Brad Pitt, nous avons certainement un bon indicateur de l’opinion publique au sujet de la personne derrière l’objet de cet autre grand prix prestigieusement prestigieux, et j’ai nommé la fameuse statuette dorée tellement prisée à Hollywood et même partout où il y a du monde cave, c’est-à-dire, all around the world.

Reste qu’avec une consommation d’électricité seulement vingt (vingt!) fois plus grande que la moyenne rappelons-le, il est permis de supposer que le bonhomme n’adopte pas toujours des habitudes de vie «vertes», malgré ses beaux discours, son réel engagement politique, ses mises en garde alarmantes ainsi que les prestigieux honneurs dont il est couvert (un Oscar, un Emmy, le Nobel de la paix, etc.). Par exemple, on pourrait croire, et même que ce serait en toute légitimité, qu’il imprime des courriels pour rien, qu’il ne fait pas le tri dans son recyclage, qu’il boit du café non-équitable dans des verres de styromousse, qu’il part son lave-vaisselle même quand ce dernier n’est pas plein, qu’il roule dans un VUS pas hybride pour deux cennes, qu’il décrasse ses miroirs à coup de Windex et son plancher à coup de Monsieur Net, qu’il remplit son bain d’eau chaude jusqu’au bord, qu’il utilise encore les méchants sacs de plastique quand il fait son épicerie, qu’il nettoie son entrée au boyau d’arrosage, que chaque année il fait brûler ses 4 pneus d’hiver dans sa cour, qu’il fait péter des feux d’artifices de contrebande dans le bois la fin de semaine, juste après avoir lacéré sans raison de jeunes arbres en santé, qu’il ne lave même pas son linge avec du détergent biodégradable, qu’il utilise encore la grosse sécheuse et qu’il la plogue à «air chaud» par dessus le marché, qu’il se torche avec du papier-cul douze épaisseurs et qu’il se crosse en pensant à tout le silicone qu’il y avait dans les totons de Lolo Ferrari, la suicidée aux plus grosses boules artificielles jamais répertoriée.

Fait qu’il peut ben aller s’étouffer avec sont prêchi-prêcha d’alarmiste moralisateur tellement pas sérieux pentoute qu’il laisse lui-même ses 152 lumières allumées en permanence. Prix Nobel de toute la paix dans le monde mon oeil.

14 octobre 2007. All about crossage. 2 commentaires.

Alléluia!

Vous l’attendiez tous impatiemment. Voilà maintenant que vous pouvez être heureux de joie, l’attente achève, ça s’en vient très bientôt. Oui, remerciez le seigneur de cette bénédiction et, aidé de vos dix doigts, comptez les quelques jours qui vous séparent de cette date tant attendue : c’est officiel et ça approche effectivement, à partir du 30 octobre prochain, la biographie de Jérémy Gabriel, celui que les québécois surnomment affectueusement le «petit Jérémy», sera enfin, enfin disponible en librairie.

«La vie rêvée de Jérémy», un titre à l’image de la vie rêvée de Jérémy, comptera 224 pages de texte, lesquelles couvriront les 11 années de vie de l’enfant aux miracles, un cahier photo de 8 pages tout en couleur (incluant la fameuse photo de Jérémy et de Céline, ainsi que de Jérémy et du pape Benoît XVI, photos prouvant que Jérémy a en effet vu et touché Céline et le pape) et paraîtra aux Presses de la Renaissance. Le livre, en plus d’être disponible chez nos cousins les Français depuis le 4 octobre dernier, sera éventuellement disponible en Belgique, en Suisse et partout au Canada. Le film inspiré du livre viendra aussi, probablement pour l’été 2008. Le documentaire de Paul Arcan sur le syndrôme de Treacher-Collins, syndrôme dont souffre Jérémy, s’en vient également, mais la date de parution demeure inconnue pour le moment.

Rappelons que le magazine Dernière Heure publiait au coeur de ses pages récemment un magnifique et touchant témoignage au sujet de l’enfant prodige : «Il est haut comme trois pommes et il a le courage d’un géant».

À lire, un document très complet de 12 pages avec photos, citations et extraits du livre à paraître, juste ici. En voici tout de même quelques lignes, recopiées spécialement pour vous, juste parce qu’il est évident qu’absolument personne ne cliquera sur le lien et que ce serait vraiment dommage de manquer la dernière phrase de l’extrait ci-joint :

« Jérémy naît avec le syndrôme Treacher-Collins (malformation du visage, multiples handicaps) et son système immunitaire est déficient. Tous les quinze jours, on le transfuse. À 9 ans, il a déjà subi plus de 10 opérations. Mais le petit québécois fait des rêves de fous… qui se réalisent. À moitié sourd, il veut chanter. Il travaille dur, progresse. Céline Dion et René Angelil se prennent d’affection pour lui et l’invitent à Las Vegas. Il chante devant plus de 20 000 personnes lors d’un match de la grande équipe de hockey, les Canadiens de Montréal. Il enregistre un premier disque, puis un second. Jérémy rêve aussi de chanter un cantique pour le pape. C’est chose faite.

Pour beaucoup, il est le symbole du courage face à la maladie. Mais il y a plus. Ce livre nous révèle l’essentiel : d’une maturité exceptionnelle, sa vision du monde est d’une pertinence étonnante.»

7 octobre 2007. All about crossage. 4 commentaires.

Belles et connes

Chaque année, la populaire station radiophonique de Québec CHOI 98,1 RADIO X lance une sorte de concours poche auquel les filles cutes qui aiment se montrer peuvent s’inscrire pour éventuellement être choisies et joindre la très sélecte clique du Dream Team, laquelle clique se retrouvera au final en bobettes et en brassières dans un calendrier spécial où le décompte des jours est bien la dernière chose qui intéressera quiconque achètera le calendrier en question. Malheureusement, cette année ne faisant pas exception, le fameux concours a lieu de nouveau; les auditions se déroulent actuellement dans différents bars branchés de la ville. Rien de plus facile que d’y participer, il suffit d’avoir un vagin dans son entre-jambes, des guenilles à la mode dans sa garde-robe, des mèches blondes, un p’tit cul tight, une belle sacoche, ou encore des pas pires boules, ou toutes combinaisons de ces différentes caractéristiques. Afin de prouver à la population masculine que beauté et intelligence peuvent possiblement aller de pair, et dans le but de faire naître l’illusion chez le monde qui se procurera le calendrier du Dream Team qu’ils se crosseront sur des chicks “sexy ET brillantes”, on fait passer un petit test aux participantes, lequel contient des questions de connaissances générales. (Bien que connaissances générales et intelligence n’aient à peu près rien à voir ensemble, on fait à semblant que oui, histoire de niaiser le monde qui s’imagine que parce que la chick sait que la ville de Québec a été fondée en 1608, elle est nécessairement très intelligente, genre vraiment là.) Chaque année donc, ce concours a lieu, et chaque année, un nombre incroyable de pioches déposent leur candidature et passent ce fameux questionnaire mesureur de qualités intellectuelles. Et bien sûr, toutes les performances sont enregistrées par la Radio X pour une rediffusion éventuelle. Sur les ondes de CHOI, la diffusion d’extraits des pires d’entre elles est devenu un rite annuel: les animateurs passent assurément en ondes les “meilleurs moments” des auditions du Dream Team, c’est-à-dire qu’ils passent les piètres performances des plus connasses, et devant le constat qu’il y a du monde épais en joualvaire, tout le monde se tappe sur les cuisses jusqu’à demain matin, se roule en dessous de la table pendant des heures et des heures, et c’est tellement drôle qu’on finit tous par pisser dans nos culottes tellement on est pu capable de se contenir. L’effet est un peu le même que celui produit par le vidéo de la miss Teen USA qui a fait le tour des médias récemment avec l’épouvantable réponse de la mam’zelle blonde à une question qui ressemblait à “pourquoi est-ce qu’un tas d’américains n’arrivent pas à identifier les États-Unis sur une carte du monde?”. Tous les médias en ont parlé comme s’il s’agissait d’un événement incroyable et absolument digne de mention : toutes les stations télé, toutes les stations radio, tous les journaux et même plus encore ont couvert ledit événement mettant en vedette la miss teen USA. “Mon dieu, elle est tellement conne, c’t'épouvantable!” À croire qu’on aime ça constater qu’il y a plus idiot que nous.

Ceci étant dit, je ne voudrais pas vous écoeurer avec mon rabat-joie-isme habituel, mais calvaire, y’a tu vraiment quelqu’un qui s’amuse encore de ces osties de performances d’épaisses qui veulent faire parti du Dream Team de CHOI Radio X, et y a-t-il encore des gens qui s ‘étonnent de ce qu’il y ait du monde dans notre belle société moderne qui soit non seulement “pas vite vite” mais profondément arriéré?

Je me demande ce que Karine Simard, finaliste du Dream Team, en pense… mais peu importe, c’est une belle pitoune pareille.

 

15 septembre 2007. All about crossage. 29 commentaires.

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