C’est un Rendez-vous!
Le samedi 24 mai prochain, au sous-sol de l’église St-Jean-Baptiste à Québec, aura lieu le deuxième Rendez-vous des publications parallèles, le plus important salon des publications indépendantes à l’est de Montréal. Seront présents lors de ce rendez-vous plusieurs maison d’éditions, magazines, fanzines, et revues d’art et de littérature. De plus, tel que noté sur le site web du Rendez-vous 2008, le lancement du livre Noir Canada se fera sur place :
Prévu le mois dernier, le lancement du livre Noir Canada a été reporté pour des raisons majeures : sans l’avoir lu, la société Barrick Gold intentait une poursuite de 6 millions de dollars contre leurs auteurs et éditeur. Faisant fi de cette SLAPP, les auteurs persistent et signent.
Dans le cadre du deuxième Rendez-vous des publications parallèles de Québec, la librairie Pantoute et Écosociété, vous invitent à venir rencontrer M. William Sacher, co-auteur avec M. Alain Deneault du livre Noir Canada, soulevant actuellement plusieurs controverses. Le lancement aura lieu au sous-sol de l’église Saint-Jean Baptiste durant notre événement samedi le 24 mai à 17 h. La librairie Pantoute tiendra sur place un kiosque où vous pourrez vous procurer l’ouvrage récemment paru aux éditions Écosociété.
L’ouverture des portes se fait dès 11h00 et l’entrée est gratuite.
La routine perpétuelle
C’est en regardant de près les grandes actualités et les faits les plus divers qu’on réalise à quel point il ne se passe jamais rien de particulier, et donc, jamais rien d’intéressant.
Les mêmes drames ne font que se répéter constamment : les mêmes pères de famille assassinent leurs mêmes femmes et leurs trois enfants avant se suicider d’une balle dans la cervelle, les mêmes gros crisses de caves prennent leurs osties de chars laids quand ils sont saouls et handicapent les mêmes jeunes mères pour le restant de leurs jours, les mêmes chanteurs faussent sur les mêmes refrains quétaines sur leurs derniers disques qui jouent aux mêmes postes de radio plates qui sont écoutés par les mêmes personnes, les mêmes écrivains publient aux mêmes maisons d’édition les mêmes osties d’affaires poches, les mêmes téléromans avec les quatre mêmes acteurs sont diffusés les mêmes soirs aux mêmes heures et aux mêmes chaînes, les mêmes américains obèses qui s’empiffrent de friture et de cochonneries diverses ont les mêmes problèmes cardiaques, et les mêmes pédophiles abusent les mêmes enfants de la même manière dans les mêmes parcs, les mêmes typhons, ouragans, glissements de terrains, cyclones et autres tsunamis tuent les mêmes milliers de personnes en même temps toujours dans les mêmes places, et les gangs de rue, et le traffic de drogue, et les ethnies, et les osties de crosseurs, et les conflits politiques, et la pollution, et les tempêtes de neige, et les rivières qui débordent au printemps, et le réchauffement climatique, et la pauvreté, et l’analphabétisme au Québec, et la faim dans le monde, et les génocides, et le sida en Afrique Noire. Toujours les mêmes questions, les mêmes débats, les mêmes problèmes, les mêmes conséquences.
Bref, la petite routine est une affaire plate qui commence dans les détails les plus insignifiants de la vie et qui s’étend de long en large dans les grandes tragédies humaines. S’en plaindre revient à participer de ce qui est précisément critiqué, c’est-à-dire qu’à force de tout condamner, on finit par se fondre dans la répétition infinie de la même maudite rengaine. C’est pourquoi vaut peut-être mieux se taire, finalement, ne pas lire les journaux, crisser son téléviseur aux chemins, baisser les stores et dépluguer l’Internet.

Déficience intellectuelle et littérature
La déficience intellectuelle se retrouve un peu partout dans la société québécoise, et même un peu partout dans le monde en général, chez les écrivains et les écrivaines entre autres, fréquemment et de façon assez profonde, disons-le, chez les écrivaines en particulier. Par conséquent, la littérature de la déficience intellectuelle féminine est maintenant un courant littéraire non seulement admis, mais internationalement admis, et dont certaines écrivaines folles et maisons d’éditions crosseuses se réclament fièrement :
La « chick lit » est un courant littéraire récent, un type de fiction à succès écrit à l’intention de jeunes femmes, visant en particulier les célibataires de vingt à trente ans. Sa désignation vient du langage populaire américain chick, « poulette » et lit, diminutif de litterature.
La chick lit se définit sur le plan thématique: elle raconte l’histoire d’une jeune citadine, âgée d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années, souvent blanche et généralement de classe moyenne. Elle est habituellement aux prises avec un travail harassant ou inintéressant dans le monde des médias (rédaction d’un magazine de mode, maison d’édition, émission télévisée…), à la recherche de l’homme de sa vie, souvent en désaccord avec sa famille (le plus souvent sa mère) ou minée par un besoin compulsif (celui d’acheter des vêtements, par exemple) visant à calmer ses anxiétés. Les aventures seront toujours saupoudrées d’humour et de dérision, spécificité essentielle de la chick lit.
Autrement dit, dans une littérature pour débiles mentaux, la jeune matante typique peut se contempler dans ce qu’elle a de plus quétaine, de plus cheap et de plus prévisible : ses goûts communs, ses loisirs plates, ses sorties dans les bars de matantes avec ses t’chums de filles matantes, le gros char de son ex, ses mèches, le magasinage de guenilles avec sa meilleure amie, son CD de Nelly Furtado, sa belle sacoche, son agace-pissetterie, le speed-dating, les voyages dans le sud pis les téléromans avec Guillaume Lemay-Thivierge.
Rafaële Germain, jeune matante québécoise riche dont le quotien intellectuel a été évalué a 7 tout au plus, et aussi écrivaine, a publié un de ces véritables déchets littéraires en 2004, Soutien-gorge rose et veston noir, et en a vendu, au total, 50 000 exemplaires. Un deuxième tome, dont le titre est deux fois plus minable que le premier, Gin tonic et concombre, vient de paraître aux éditions Libre Expression il y a quelques jours. On peut se vautrer dans l’un ou l’autre de ces deux gros tas de marde pour la modique somme de 29,95$ plus taxes. En vente dans tous les bons magasins qui vendent des livres.

Le pouvoir de l’écriture
Ce site reçoit de temps en temps, en privé, d’excellents commentaires, des commentaires parfois dignes de mention. Lettres d’insultes en tout genre, menaces d’agression à l’intention de son auteur, plaintes de lecteurs (et même de non-lecteurs) insatisfaits, bref, de gros blasts de marde sous différentes formes, entre autres.
Je ne sais plus pour quelle raison exactement j’avais décidé de ne jamais les mentionner.
En voici un intéressant, reçu tout récemment :
[double assass'] M’écrire Boîte de réception
Je suis tombé sur ton site par hasard en recherchant des images de torche olympique…
Ta vie doit être plate en sacrement pour que tu perdes ton temps à écrire autant de merde.
Tu me fait sincèrement pitié.
Bonne journée tout de même et bonne chance, je crois que tu en auras grand besoin.
Francis
Time: Samedi mars 22, 2008 at 4:19
Envoyé par un visiteur non vérifié sur votre site.
« Pas ce soir chéri(e) »
On pouvait lire cette semaine quelque part dans les cyber-nouvelles que selon une récente étude, 40% des japonais avouent parler au cellulaire entre autres dans la salle de bain, peu importe ce qu’ils sont en train d’y faire – les activités que l’on peut pratiquer en solo dans une salle de bain étant quand même assez diversifiées, m’enfin.
On peut aussi lire, dans un autre article disponible depuis quelques jours sur cette même cyberpresse, qu’un couple sur quatre, au Japon toujours, n’a pas eu de relations sexuelles au cours de l’année 2007. Euh, de toute l’année au complet de ses douzes mois.
Notez bien qu’il est ici question de “couples”. Ces gens se fréquentent donc assidûment, se trouvent beaux mutuellement, se racontent leurs journées et s’écoutent même parfois, vont au restaurant et au cinéma ensemble, s’embrassent sur la bouche, couchent ensuite dans le même lit tous les soirs… mais ne fourrent pas. Depuis au moins 365 jours.
Question : putain de merde, que font-ils?
Se crossent-ils au moins?
… faut-il en déduire qu’une utilisation abusive du téléphone cellulaire détruit la libido?

L’emploi du temps
La vie est une longue course contre la montre. Heureusement, le monde moderne est armé d’outils technologiques et de gadgets fort utiles pour s’y mesurer et défier la petite comme la grande aiguille d’une façon qui, autrement, serait impossible. Ainsi, une récente étude effectuée sur 16 250 japonais dévoilait dernièrement que 40% des interrogés utilisent leurs téléphones portables non pas seulement en conduisant, ou en faisant leur devoirs à la bibliothèque, mais aussi chez eux, dans le confort de leur salle de bain, plus précisément dans leur baignoire, pendant qu’ils se lavent. 40% des japonais interrogés donc utilisent leur téléphone cellulaire pour jacasser avec des amis, échanger des niaiseries par courriels, écouter de la musique plate et jouer à des jeux niaiseux, et ceci tout en se torchant la poche, pour une optimisation totale et complète des 24 heures qui défilent à une vitesse incroyable dans une journée. Or, se nettoyer les aisselles est un détail d’importance : bien souvent, surtout après une heure de jogging ou de Dance Dance Revolution, ça ne peut pas tellement attendre. En revanche, la pornographie gratuite sur l’Internet, les potins concernant l’ex-blonde de l’autre qui couche maintenant avec celle qui fourrait avec chose, le dernier hit plate de Madonna, les vidéos YouTube du mec qui pète dans une assiette pleine de farine, mais surtout la pornographie gratuite sur l’Internet, ne devraient pas avoir à souffrir du fait qu’il est politiquement incorrect et socialement inacceptable d’avoir la face graisseuse et de sentir la sueur -et autres fluides corporels plus ou moins odorants. C’est pour cette raison donc que certains fabricants de terminaux high-tech proposent maintenant des téléphones portables étanches qui résistent à l’eau du bain, et même à l’eau de la piscine, pour celles et ceux qui seraient tentés de faire quelques appels pendant leurs cours de natation.
Ceci dit, il n’y a rien d’étonnant dans cette nouvelle dans la mesure où, seront prochainement disponibles sur le marché, pour répondre aux besoins toujours grandissants de la population mondiale riche, un kit de poêles et de chaudrons assez résistants pour faire à manger sous la douche, des sous-vêtements spéciaux pour vous permettre de vous vider les tripes dans le spa sans que rien n’y paraisse et une turbo-balayeuse télécommandée rendant désormais possible le nettoyage de votre appartement à distance pendant que vous faites du ski et/ou magasinez votre téléviseur à écran plasma de 200 pouces avec toaster et vélo stationnaire INTÉGRÉS. De plus, seront bientôt en vente les fameuses et tant attendues voitures volantes dans le ciel qui permettrons aux plus fortunés de s’épiler les poils pubiens sans douleur, de se crosser sans dégât, de fumer du crack sans buzz, EN PLUS de polluer 48x plus qu’avec une voiture ordinaire, et ce, tout en se déplaçant d’un point A à un point B. Comme si nous n’étions pas assez excités par cette dernière annonce fantastique, la compagnie qui fabrique ces véhicules volants a déclaré qu’elle verserait aux enfants pauvres qui ne déjeunent pas le matin 2 cennes noires pour chaque milliard de dollars rendus dans leurs grosses poches pleines, un geste remarquable et d’une très grande générosité.
Dans le futur, la technologie aura tellement d’influence dans toutes les sphères de l’existence humaine qu’il deviendra absolument impossible de s’en priver, surtout pendant qu’on se décrassera la poche dans la baignoire, sans quoi il sera inimaginable de survivre à un horaire de vie normal, et nous mourrons tous dans d’atroces souffrances et ce ne sera rien d’autre que la fin des temps du monde entier.

Le monde est plate et cave
On le sait depuis longtemps, le monde est plate et cave. Pourtant, et c’est là une chose bien curieuse, toutes les occasions sont bonnes pour être surpris voire même secoué par les diverses manifestations concrètes de la platitude et de la caverie. Par exemple, lorsque les journaux rapportent qu’une mèche de la touffe de cheveux de sa sainteté John Lennon a trouvé acquéreur pour un montant de 24 000 livres (l’équivalent de 48 000 $) mercredi lors d’une vente aux enchères de souvenirs des Beatles, on est quand même étonné de l’apprendre. Puis on y repense comme il faut et on finit par se dire : «ouin, mais c’est vrai, à ce qu’il paraît, les Beatles, ils étaients meilleurs que Jésus». Ou encore, quand on lit, dans un journal quelconque, qu’un livre de contes rédigé et écrit à la main par l’auteur de la saga Harry Potter, la Britannique J.K. Rowling, a été vendu jeudi dernier 1,95 million de livres (ce qui corrrespond à 4 millions de dollars messieurs dames), soit environ 40 fois plus que son estimation la plus haute, il arrive que l’on relise l’article une seconde fois, par réflexe quasiment, juste pour être sûr et bien certain que l’on n’aurait pas mal lu l’article de journal comme il peut arriver parfois de mal lire les articles de journaux. Sauf qu’on relit, on constate que les données sont en effet incroyables, et ensuite on se dit que, ouin, 100% du monde, s’il n’a pas au moins lu les osties de 42 romans plates de la série, a au moins vu les osties de 42 films plates de la série, et que partant de ce point, le reste s’explique de lui-même, ou sinon presque. Et puis quand on apprend par hasard que Graceland, la maison d’Elvis Presley, à Memphis, Tennessee, a accueilli depuis son ouverture plus de 15 millions de personnes, et qu’elle continue d’accueillir environ 700 000 visiteurs chaque année, faisant ainsi de cet endroit le «monument» le plus visité de tous les États-Unis d’Amérique, juste après la Maison Blanche, le shack d’Elvis calvaire, le lieu où il dormait, mangeait, fourrait, chiait et pissait, il arrive que l’on fixe le vide deux ou trois secondes en se disant que le King était quand même un chanteur et un acteur américain, une grande star de la vedetterie, rien de moins, et qu’il avait une pas pire face cute, qu’il avait beaucoup de charisme comme ils disent dans le milieu, bien que la définition même du charisme reste assez obscure, et qu’il a vendu plus de 700 millions de disques de son vivant, près de 2 milliards à ce jour, qu’il a donné des milliers de spectacles, qu’il a joué dans une trentaine de films incroyablement poches, qu’il a fait littéralement brailler d’amour des centaines de milliers de jeunes filles et de garçons, et qu’il a crevé comme un cave dans un ostie de délire mégalomane il y a de ça 30 ans, d’une overdose d’un formidable mélange de médicaments semble-t-il, et qu’il était à ce moment franchement très obèse, sa fortune personnelle s’élevant le jour de son enterrement, soit-dit en passant, à plus de 100 millions de dollars US. Or, il arrive disais-je, que quand on tombe sur de telles informations, l’on ait envie de fixer le vide quelques secondes.

Haïku
« Ancré dans la réalité, un haïku, poème d’origine japonaise, est un poème de 3 vers seulement, qui saisit l’instant tel qu’il est, la chose telle qu’elle est, dans sa révélation soudaine et présente. Les poètes du haïku disent avec les mots les plus usuels leur participation à la nature, leur permanence au cœur des choses. Un haïku traduit une illumination passagère dans laquelle on voit la réalité vivante des choses. C’est un ” arrêt sur image “. »
Les haikus étant très populaires actuellement dans toutes les revues poético-littéraires des wannabe écrivains, voici ma version non censurée d’un haïku auto-fictif et presque-biographique, sincère et honnête : il traduit ma vérité de l’instant qui passe.
Le Lapsus, la revue des étudiants au baccalauréat en création littéraire de l’université Laval, groupe d’étudiants duquel je ne fais pas partie, l’ont dûment refusé.
Câlisse de tabarnak
d’ostie de crisse
de saint-ciboire d’ostiffie
Simonaque de câlisse
de tabarcrisse
de fuck d’ostie de ciboire
Tabarnak de crisse
d’ostie
de câlisse de tabarne
Ostie que le monde est plate
Où que nous allions dans la vie, il est toujours plus convenable, et même très préférable (pour ne pas tout simplement dire fortement recommandé) de garder son linge sur son dos, et de ne se dévêtir totalement que dans l’intimité de son chez-soi, et dans le noir, le soir tard si possible, ou enfin. Mis à part les plages nudistes et les bars de danseuses, la règle générale du « il faut s’habiller avec du linge » vaut pour au moins pour 100% des lieux publics, et ce quasiment partout dans le monde, de même que pour les endroits les plus reculés et élevés de la Terre.
En effet, nous apprenions récemment que l’association népalaise d’alpinisme vient d’interdire la nudité sur l’Everest, de même que toute tentative de record funny dans le même genre sur la fameuse montagne. Ce nouveau règlement très nécessaire au maintient de l’ordre public et de la bienséance en nature a été instauré après qu’un alpiniste ait affirmé être devenu l’homme nu le plus haut au monde en se dévêtant complètement pendant plusieurs minutes au sommet du célèbre mont*. Ce beau manque de tenue, de savoir-vivre, bref, ce comportement nettement irrespectueux, inconvenant et malsain est une autre preuve saisissante que la société est malade, ont pensé les gens de l’association népalaise d’alpinisme. « Nous n’avons pas d’autre choix que d’interdire ces élans d’aliénation au sommet de notre montagne, c’est une question de gros bon sens » ont-ils ajouté, bien que le lieu demeure actuellement inhabité, et qu’en 50 ans, moins de 4 000 personnes ont mis les pieds au sommet de cette montagne.
Heureusement pour les exhibitionnistes et les voyeurs de ce monde, alpinistes ou non, qui préfèrent garder l’anonymat, vu l’inacceptabilité de la chose qu’est le déshabillement, le montrage du génital, des organes cochons et le regardage de monde à poil en général, il existe la pornographie sur l’internet et la télé-réalité sur toutes les bonnes chaînes de tv, deux industries parfaitement légales et qui, ceci étant dit, roulent sur l’or d’une façon formidablement internationale, et comptent leurs spectateurs non à coups de quelques milliers en un demi-siècle, mais plutôt à coups de millions chaque jour, et ce partout à travers le monde. Récapitulons donc : vous avez le droit de fourrer dans la tente à cul à TQS dans une émission destinée à un public de tous âges et diffusée 7 soirs sur 7 à compter de 19h00, mais n’allez pas vous montrer la poche au sommet d’une très haute montagne inhabitée où il est probable que vous soyiez le seul être humain à des kilomètres à la ronde : c’est interdit.
*Source : L’actualité, numéro du 15 novembre 2007.

De la marde plein la tv
Quand marde et télévision ne font qu’un, ça donne des émissions comme Tout le monde en parle, la fierté de Radio-Canada, enregistrée devant un public heureux d’applaudir. Mais quand diarrhée explosive et télévision ne font qu’un, ça donne Le 3950, le nouveau talk-show de Luck Mervil.
Bref topo rapide pour ceux qui préfèrent les blogs niaiseux aux journaux intelligents et à la grande télévision, Le 3950, présenté un moment donné en semaine aux alentours d’après le souper sur TV5 (télévision financée conjointement par le Québec, le Canada et la France), se veut un espèce de dîner de cons à la Tout le monde en parle, mais en plusse typique et péteux encore (vous pensez que c’est impossible, mais écoutez ce qui suit) : lors de l’enregistrement de l’émission, s’ajoutent aux connards rassemblés autour d’une table, du vrai de vrai manger comestible, avec une bonne bouteille de vin d’au moins 45 piasses pis toute. C’est tellement quétaine qu’on se croirait quasiment dans une émission de « Parler pour parler » mais version moderne, puisqu’il ont osé prendre une personne de couleur pour animer. Et toujours à la manière de la défunte émission de la grand-môman modèle du Québec, Jeanette Bertrand, chacune des émissions du 3950 proposent un thème, un sujet, celui de la première semaine étant le plus radotté d’entre tous les sujets imaginables : les accomodements raisonnables. Vous connaissez bien la suite, chacun des convives y va de ce qu’il en pense, et oppose alors nécessairement son opinion à celui de son voisin, en prenant bien soin de ne surtout pas écouter ce que les autres ont à dire en retour, puisque le but de la chose est bien de « débattre » dans ce que l’on appelle ridiculement « un débat » sur un sujet d’actualité. C’est tellement émotif que le petit monde dans son salon se sent personnellement interpellé, il a quasiment le goût d’appeler au 1-866-je.donne.mon.opinion.en.ondes, sinon de voter pour celui qui a le plusse raison, moyennant des frais de 3,50$ par appel. Le concept provient officiellement du créateur plein d’ingéniosité de Tout le monde en parle version originale, soit Thierry Ardisson lui-même en personne, qui présente actuellement en France 93, Faubourg Saint-Honoré, dont Le 3950 est l’adaptation québécoise.
Comme si ce n’était pas suffisamment nul à chier de même, il fallait qu’Anne-Marie Losique, la plotte qui essaie de se faire passer pour une femme d’affaires chaude, sexuelle et d’une intelligence supérieure à la normale compte tenu de l’épaisseur de son lipgloss, s’en mêle aussi, et soit la productrice en règle, oui messieurs, de 3950. C’est que son intelligence et sa finesse d’esprit lui ont permis de flairer le potentiel de l’émission française avant tout autre producteur québécois. Ceci étant dit, pour les fans, il paraît qu’elle fera une apparition dans l’émission un de ces quatre, accompagnée de ses bottes de bitch, de sa craque de boules, de sa ruse de femme d’affaires extraordinaire et de son accolyte et faire-valoir de circonstances, la chanteuse Jacynthe, fière détentrice d’un quotient intellectuel de 12 et d’un vocabulaire dont l’étendue se résume à 29 mots incluant les chiffres, la ponctuation, les déterminants et son propre prénom. Le sujet de cette émission sera «Pioches et Souriantes», et selon des sources sûres, Marie-Mai, son chum Fred St-Gelais et Sébastien Benoît seront aussi de la partie, et se toucheront les cuisses et même plus encore en dessous de la table. Fred St-Gelais et Sébastien Benoît je parle.
La première émission de 3950 a été présentée le jeudi 11 octobre dernier, et nous a proposé, pour « con par excellence », le musulman le plus controversé de l’heure, et curieusement, celui que l’on invite partout à titre de représentant officiel de l’Islam, des Turbans, de la Charia pis de seulement toutes les pays arabo-musulmans de la Terre au grand complet, bien que le monsieur en question soit à peu près la figure la moins intéressante, la moins représentative et la moins appropriée pour représenter qui que ce soit que ce fusse : l’imam Saïd Jaziri. Afin de s’assurer que tout le monde s’obstinerait pendant des heures et des heures, et que ça durerait au moins à l’infini, on a invité, lors de cette première émission dont le sujet était comme nous l’avons dit précédemment, les osties d’accomodements raisonnables, un Sikh, un prêtre catho, le spécialiste (et juif!) des droits de l’homme Me Julius Grey, Max Gros-Louis le chef Huron-Wendat ainsi que l’ombudsman de l’université McGill, l’avocate Lynne Casgrain (qui se trouve à être la femme du juif). Tout ce beau monde s’est pogné ensemble le temps que l’émission a duré, et certains d’entre eux se sont même envoyé chier manger de la marde, tel que le scénario (pour ne pas dire le concept tout court de l’émission) le suggérait. En somme, le sikh a menacé le nègre avec le poignard qu’il avait caché dans son turban, le catho a retenu un « tabarnak de crisse » entre son dentier pis son crucifix, le juif a volé l’attrapeur de rêves que l’indien (qui était saoûl mort) avait accroché après son rétroviseur, pis ça a fini dans une fight générale avec des assiettes cassées dans les murs pis des verres de vin renversés sur la nappe. Vous comprendrez pourquoi on n’a jamais su finalement kissé qui a lavé la vaisselle.
En passant, Luck Mervil, c’tun beau Noir.
